Sport : Japhet N’Doram, “le Sorcier” discret.

Né à Fort-Lamy (N’Djamena)le 27 février 1966, Japhet N’Doram reste une figure marquante du FC Nantes et de l’AS Monaco des années 1990. Avant de découvrir la France, il fait ses débuts au Tourbillon FC au Tchad puis au Tonnerre Yaoundé au Cameroun, forgeant son talent loin des projecteurs.

En 1990, il rejoint le FC Nantes et découvre la Ligue 1, à La Beaujoire, il séduit rapidement par sa vision du jeu et son sens du but, devenant l’un des visages forts des Canaris avec lesquels il est sacré cham-pion de France en 1995, après avoir été élu meilleur joueur étranger du championnat en 1994, avant d’atteindre les demi-finales de la UEFA Champions League en 1996.

En 1997, il s’engage avec l’AS Monaco, où il dispute dès la saison suivante une nouvelle demi-finale de Ligue des champions, confirmant sa place au plus haut niveau avant que les blessures ne freinent son élan et ne le contraignent, en 1999 à seulement 33 ans, à mettre un terme à sa carrière professionnelle.

Pour beaucoup, l’histoire aurait pu s’achever ainsi, mais Japhet N’Doram choisit de rester dans le jeu en devenant recruteur, d’abord à Monaco puis au FC Nantes jusqu’en 2007, met-tant son expérience et son regard au service des jeunes talents, revenant même brièvement sur le banc nantais comme co-entraîneur, avant d’opter pour le football amateur à la tête de l’ES Haute-Goulaine entre 2015 et 2020, une trajectoire cohérente et fidèle à ses valeurs où le travail, la transmission et la progression des joueurs priment toujours sur le prestige.

Installé en Loire-Atlantique, il n’oublie jamais son pays natal, il prend la tête du comité de gestion provisoire du football tchadien chargé de redresser une fédération en crise, entre 2021 et 2022, une mission sensible menée avec discrétion.

Aujourd’hui, on le croise encore sur les terrains de la région nantaise en survêtement, où il s’engage dans des actions sociales auprès de jeunes migrants, utilisant le football comme outil d’intégration, et l’ancien attaquant tchadien n’a jamais quitté le sport, vivant sa passion entre recrutement, formation et engagement pour le football de son pays.

Son fils, Kévin N’Doram, poursuit quant à lui une carrière professionnelle, prolongeant l’histoire familiale, tandis que Japhet N’Doram, loin des feux des stades, reste au cœur du jeu et s’est transformé en passeur d’expérience sans jamais perdre l’élégance qui a marqué sa carrière.

Par Moustapha KOUNDE.

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