Made in Chad : pourquoi nos produits peinent-ils à devenir des marques ?

Du miel au sésame, de la gomme arabique aux produits artisanaux, le Tchad dispose de ressources et de savoir-faire qui pourraient donner naissance à de véritables marques. Pourtant, une grande partie de ces produits reste vendue à l’état brut ou peu valorisée.

Sur les marchés tchadiens, le miel, le sésame, le mil, le beurre de karité, la gomme arabique ou encore les articles en cuir présentent un potentiel important. Mais être produit au Tchad ne suffit pas pour devenir une marque. Il faut aussi une qualité régulière, un conditionnement adapté, un nom identifiable et une relation de confiance avec le consommateur.

De la matière première au produit fini

L’un des principaux défis reste la transformation locale. Lorsqu’une matière première est vendue sans transformation suffisante, une partie importante de sa valeur économique est créée ailleurs. À l’inverse, transformer sur place permet de créer des emplois et de développer des compétences.

La gomme arabique illustre bien cet enjeu, tout comme le sésame, le miel ou certains produits issus de l’élevage. Leur transformation locale pourrait permettre de mieux valoriser les ressources nationales et d’en tirer davantage de retombées économiques.

Le poids du conditionnement et de l’image

Le conditionnement constitue également un facteur déterminant. Un bon produit peut avoir du mal à se vendre s’il est mal présenté, peu étiqueté ou sans informations précises sur son origine et sa composition.

Pour le consommateur, une marque représente une promesse de qualité, de régularité et de confiance. Le produit doit donc être accompagné d’une identité capable de le distinguer et de lui donner une véritable valeur commerciale.

Le financement, un autre obstacle

À cela s’ajoutent les difficultés de financement. Créer une marque nécessite souvent d’investir dans les équipements, l’emballage, le design, la communication et la distribution. Pour de nombreux petits producteurs et entrepreneurs, ces dépenses restent difficiles à supporter.

La distribution représente également un défi. Un produit apprécié dans un quartier ou une ville doit pouvoir atteindre d’autres marchés. L’accès aux grandes surfaces, aux réseaux de revendeurs, aux plateformes numériques et aux marchés régionaux pourrait permettre aux entreprises tchadiennes de changer d’échelle.

Valoriser le savoir-faire national

Promouvoir le « Made in Chad » ne signifie donc pas seulement demander aux consommateurs d’acheter local. Il faut également accompagner les producteurs dans l’amélioration de la qualité, la transformation, l’innovation, le financement et la commercialisation.

Les pouvoirs publics et les acteurs privés ont ainsi un rôle important à jouer pour permettre aux produits locaux de franchir le cap de la simple production vers une véritable identité commerciale.

Le véritable défi du « Made in Chad » est de transformer les ressources locales en produits compétitifs et en marques reconnues. Transformer le miel, le sésame, le cuir ou la gomme arabique, c’est créer davantage de valeur autour du savoir-faire national. Une marque forte ne vend pas seulement un produit : elle valorise une origine, inspire confiance et peut ouvrir de nouveaux marchés.

Par YEDANG Viviane

Photo crédit Dary festival

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