Tchad : quand des talents brillent mais que des rêves s’étouffent.

Le Tchad regorge de jeunes talents qui, chaque jour, se battent pour hisser les couleurs nationales au-delà des frontières. Pourtant, derrière cette détermination admirable, la réalité demeure sombre. Le manque de soutien, obstacles administratifs, difficultés financières, absence de communication institutionnelle, autant de freins qui transforment les rêves en parcours du combattant.

Malgré un chômage élevé, un accès limité à des opportunités d’emploi et une formation souvent insuffisante, la jeunesse tchadienne persiste. Elle crée, innove, entreprend, s’engage et brille là où elle le peut. Mais trop souvent, ces efforts sont freinés par un système qui peine à reconnaître cela.

L’affaire récente de l’archère Hallas Maria, sanctionnée trois mois par sa fédération pour avoir sollicité un accompagnement en vue d’une compétition internationale où elle a pourtant triomphé illustre ce paradoxe. Alors qu’elle se préparait pour les Championnats d’Afrique de tir à l’arc en novembre, cette décision est tombée comme un coup d’arrêt dans son élan.

Dans un autre domaine, le poète et champion national de slam Tanzy Larime fait face à l’impossibilité de représenter le Tchad à la Coupe d’Afrique de Slam-Poésie en Guinée Conakry, faute de soutien pour financer son voyage. Malgré un appel public à la solidarité, aucune solution n’a pu être trouvée.

Ces deux exemples, loin d’être isolés, témoignent du malaise profond que vivent les jeunes talents du pays. Des ambitions étouffées, un potentiel sous-exploité et une absence d’accompagnement institutionnel.

Il est urgent que les autorités prennent conscience de la richesse que représente cette jeunesse. Loin d’être un fardeau, elle est un moteur pour l’essor national. Investir dans les jeunes, les écouter, les soutenir et valoriser leurs initiatives, c’est investir dans l’avenir du Tchad.

Le pays n’a pas seulement besoin de ressources naturelles. Il a besoin de ses jeunes de leurs rêves, de leur créativité, de leur passion. Et ceux-ci n’attendent qu’une chose, qu’on leur ouvre les portes pour pouvoir enfin faire rayonner leur nation.

Par ALLAHIGAM Lydie

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