
Dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, les nuisances sonores causées par certains bars et cafés suscitent de plus en plus de mécontentement. Entre musique à fort volume, animations nocturnes et attroupements jusque tard dans la nuit, de nombreux habitants dénoncent des perturbations qui affectent leur sommeil, leur santé et leur quotidien.
Si les bars participent à l’animation de la ville et contribuent à l’économie locale, leur proximité avec les habitations pose problème dans plusieurs zones résidentielles. Chaque soir, des enceintes installées à l’extérieur, des terrasses bondées et des animations musicales prolongées transforment l’ambiance de certains quartiers en véritable source de nuisance pour les riverains.
Au quartier Walia, les habitants disent vivre cette situation depuis plusieurs années, le bruit persistant empêche souvent les familles de profiter d’un repos normal après une journée de travail. « Certaines nuits, il est presque impossible de dormir, la musique continue jusqu’à des heures très tardives et les discussions bruyantes des clients se prolongent dans la rue. Nous sommes obligés de supporter cela chaque week-end », témoigne Melom, résidente du quartier Walia.
Au-delà du manque de sommeil, les nuisances sonores ont également des répercussions sur la vie familiale, les parents évoquent des difficultés pour les enfants à réviser leurs leçons dans le calme et à se concentrer durant les périodes scolaires. Au quartier Chagoua, Madji Solange, mère de famille, affirme que le bruit est devenu une préoccupation quotidienne. « Les enfants ont besoin de tranquillité pour étudier et se reposer, quand la musique est trop forte, ils ont du mal à se concentrer et se couchent tard. Cela finit par affecter leur rendement à l’école », explique-t-elle.
Face à cette situation, les habitants ne réclament pas la fermeture des établissements de divertissement, ils souhaitent plutôt un meilleur encadrement des activités nocturnes afin de préserver l’équilibre entre animation urbaine et droit au repos. Pour plusieurs riverains, le dialogue entre propriétaires de bars, autorités locales et habitants pourrait permettre de trouver des solutions durables. Une meilleure application des règles relatives aux nuisances sonores contribuerait à instaurer une cohabitation plus harmonieuse dans les quartiers concernés. Alors que la ville continue de s’étendre et que les espaces de loisirs se multiplient, la question du respect du repos nocturne demeure un défi majeur pour de nombreux habitants de la capitale.
Par WIWA Sidonie.