
Dans la société tchadienne, être une mère célibataire ou une fille-mère n’est pas un simple statut. C’est une étiquette, une stigmatisation sociale qui pèse lourdement sur la vie de celles qui en portent le fardeau. Dans de nombreuses régions du pays la maternité doit se faire dans le cadre du mariage, sinon, la jeune femme devient une « faillie », une « réprochable ».
Ce regard de jugement touche aussi bien la famille que la communauté, les filles-mères se retrouvent souvent exclues, isolées et confrontées à des difficultés supplémentaires pour accéder à des opportunités professionnelles et éducatives. Viviane, 23 ans, mère célibataire, raconte son quotidien. « Quand je marche avec mon enfant, certains me regardent d’un air désapprobateur. C’est comme si j’étais une déception pour ma famille et pour la société. On me dit souvent que je suis une ratée’. C’est dur à entendre », confie-t-elle, la voix pleine d’émotion.
Cette stigmatisation ne se limite pas aux simples regards, beaucoup de mères célibataires sont confrontées à des discriminations et à la pression sociale qui les pousse à choisir entre travailler et s’occuper de leurs enfants. Mariam, 21 ans, mère célibataire et entrepreneure, témoigne : « Au début, j’ai dû me battre pour prouver que je pouvais être une bonne mère et réussir à travailler. Les gens ne comprenaient pas comment je pouvais être responsable à la fois de mon entreprise et de mon enfant. Pourtant, il y a des milliers de mères célibataires qui réussissent malgré tout. »
Le soutien, justement, est rare, les programmes d’accompagnement pour les mères célibataires restent limités au Tchad. Mais, malgré cette réalité accablante, une nouvelle génération de mères célibataires commence à prendre la parole et à refuser la stigmatisation, même si « le plus grand obstacle est le regard des autres.
Par ASRA Steve.