
À N’Djamena, comme dans d’autres villes, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans les échanges quotidiens. TikTok, avec son format simple et rapide, permet de partager facilement des contenus personnels. Cependant, cela conduit aussi à l’exposition de différends qui, auparavant, restaient privés.
Des tensions individuelles se transforment ainsi en spectacles publics, amplifiés par la viralité.Dans ce contexte, certaines utilisatrices adoptent des stratégies de visibilité basées sur la confrontation, une dynamique qui entraîne un cycle de réponses publiques où chaque intervention intensifie la précédente, ces affrontements vont au-delà du simple divertissement numérique, car ils trouvent écho dans des réalités sociales plus larges.
Rivalités personnelles, frustrations économiques ou tensions liées à l’image sociale se prolongent en ligne, les réseaux sociaux deviennent ainsi un lieu d’expression des déséquilibres de la société.
Pourtant, l’exposition publique d’insultes peut fragiliser les relations sociales, affecter la réputation et engendrer des tensions dans la vie réelle. Une fois partagés, ces contenus échappent souvent à tout contrôle. L’insulte et le dénigrement risquent de devenir perçus comme des formes d’expression ordinaires, soulignant ainsi l’importance de sensibiliser aux usages responsables des réseaux sociaux.
Alors que, de nombreuses créatrices tchadiennes y produisent des contenus éducatifs, culturels ou entrepreneuriaux, démontrant qu’il est possible d’y faire un usage constructif. Bien que ces initiatives soient moins visibles que les contenus polémiques, elles représentent des alternatives importantes.
Promouvoir des pratiques numériques responsables tout en valorisant des contenus porteurs de sens, et en favorisant une meilleure compréhension des mécanismes de diffusion et de leurs impacts, pourrait contribuer à limiter les dérives observées.
Par ASRA Steve.
Illustration : DW.