
Sur le marché à poisson de N’Djamena, les bassines autrefois débordantes sont aujourd’hui presque vides. Depuis plusieurs semaines, la montée des eaux du fleuve Chari bouleverse les habitudes des pêcheurs et raréfie le poisson dans la capitale.
Chaque matin, les pêcheurs affrontent un fleuve devenu imprévisible. Les pluies abondantes de la saison ont fait grimper le niveau de l’eau, rendant la pêche dangereuse et provoquant une envolée des prix.
« Les pêcheurs ont du mal à lancer leurs filets à cause des forts courants, et les poissons se dispersent dans les zones inondées », explique NASA, un grossiste du marché.
Les conséquences se font sentir jusque dans les foyers. « Même avec de l’argent, il est difficile de trouver du poisson de bonne qualité », déplore Madame Nodjilar Clarisse, consommatrice régulière.
Dans les quartiers populaires, cette hausse des prix pèse lourdement sur les ménages les plus modestes, pour qui le poisson demeure une source essentielle.
Pourtant, la situation reste paradoxale : « Il nous arrive de ne pas écouler tout notre stock malgré la rareté du poisson dans la ville », confie Élodie Mosgadimbaye, grossiste.
Alors que les eaux continuent de monter, pêcheurs et commerçants espèrent un retour à la normale avant la fin de la saison. Mais l’inquiétude grandit ; si le fleuve Chari continue de déborder, c’est tout un mode de vie, hérité de générations de pêcheurs, qui pourrait disparaître.

Par Charme Daoud.