Pluie au Tchad : le grand écart entre 2025 et 2026

Entre un été 2025 particulièrement arrosé et une saison 2026 marquée par des retards et de fortes inégalités territoriales, le climat tchadien montre une grande instabilité. Retour sur une transition pluviométrique aux conséquences directes pour les agriculteurs et les villes.

L’analyse comparative des données de l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAM) et du Programme Alimentaire Mondial (PAM) met en évidence deux années aux profils opposés. Alors que l’année 2025 a bénéficié de pluies abondantes et bien réparties sur l’ensemble du pays, l’année 2026 se caractérise par un calendrier perturbé et une répartition très inégale des précipitations.

En 2025, les premières pluies utiles sont tombées tôt, favorisant un lancement rapide des travaux agricoles. À l’inverse, l’année 2026 a enregistré un retard de 10 à 30 jours dans plusieurs provinces clés, comme le Lac, le Kanem, le Ouaddaï, le Wadi Fira ou le Moyen-Chari. Dans ces zones, les précipitations exploitables se sont fait attendre jusqu’au mois de juillet.

La répartition géographique des cumuls d’eau a basculé d’une année sur l’autre : Dans la zone soudanienne (Sud) : Les pluies régulièrement excédentaires de 2025 ont laissé place en 2026 à des volumes faibles et intermittents, ralentissant le rythme des semis. Dans la bande nord-sahélienne : Contrairement au reste du territoire, cette zone enregistre des volumes d’eau normaux à légèrement excédentaires, similaires ou supérieurs à ceux de 2025.

Sur le plan agricole : Les épisodes de sécheresse en début de saison 2026 ont retardé la levée des semences et la croissance des cultures. Sur le plan urbain : Malgré des cumuls globaux en baisse dans le Sud, des orages brefs mais très intenses provoquent des inondations temporaires et perturbent la circulation dans de grands centres urbains comme N’Djamena.

Ces variations rappellent que la vulnérabilité climatique du Tchad ne dépend pas seulement de la quantité totale d’eau tombée, mais surtout de la régularité des pluies tout au long de la saison. Alors que les mois d’août et de septembre marquent le cœur de la période hivernale, les autorités maintiennent un niveau de vigilance élevé face aux risques d’inondations tardives.

L’ANAM et le Ministère des Transports et de la Météorologie recommandent l’entretien des réseaux de drainage, la surveillance des zones riveraines et la préparation des ménages aux situations d’urgence.

Par YEDANG Viviane

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