
Dans les marchés et les quartiers populaires de la capitale, de jeunes garçons sillonnent les rues, une petite tasse à la main, surnommés « madiris ». Ces enfants, souvent venus de familles installées loin de la ville, partagent leur quotidien entre connaissance religieuse et petits travaux de survie.
Aux abords des marchés, derrière les femmes chargées de paniers, ils proposent leurs services pour transporter les courses jusqu’aux domiciles, en échange de quelques pièces. Envoyés, pour la plupart, par leurs parents afin d’intégrer des écoles coraniques, ils sont censés y recevoir une éducation religieuse solide et découvrir les réalités de la vie urbaine.
Dès la matinée, ces « madiris » s’installent pour réciter et mémoriser les versets du Coran sous la supervision de leur maître, après plusieurs heures d’apprentissage, les cahiers se referment et un autre rythme de vie s’impose. On les retrouve alors dans les marchés, à proposer leurs bras pour transporter des charges en échange de quelques pièces. D’autres frappent aux portes dans l’espoir d’obtenir un peu de nourriture. À la tombée de la nuit, ils retournent à l’école coranique, où les attendent révisions, prières et repos.
Derrière cette pratique, les maîtres évoquent une formation complète, mêlant enseignement religieux, endurance et sens de la débrouillardise, entre tradition et précarité.
Si l’objectif affiché reste l’éducation, les conditions de vie de ces enfants soulèvent néanmoins des interrogations sur leur protection et leur bien-être.
Par SOLOUMTA Abigael.