
Armés de marteaux au sud du marché de Dembé, un groupe de jeunes façonne son avenir en transformant des fûts métalliques en objets de survie.
Du matin au soir, ils fabriquent pelles, brouettes, arrosoirs, poêles et autres outils essentiels, ces jeunes ont laissé les bancs de l’école pour se lancer dans cette aventure.
Parmi eux, Sahel Mahamat fait partie de ceux qui ont abandonné les bancs de l’école pour embrasser le travail du métal, entre enclume et marteau : « J’ai 21 ans et j’ai connu ce métier il y a 2 ans. Du coup, j’ai laissé les cours pour poursuivre cette route car je me sens mieux ici. »
Cependant, cette activité ne se fait pas sans difficultés, notamment à cause de la hausse constante des prix des matériaux de base. Bechir Godri, l’un des responsables, confie : « Depuis que nos fournisseurs ont compris que notre petit commerce peut rapporter, ils ont augmenté les prix. Avant, un fût coûtait entre 5 000 et 7 500 F, aujourd’hui il dépasse parfois 12 000 F ».
Malgré ces difficultés, ces jeunes travaillent avec acharnement pour fabriquer des outils indispensables, utilisés dans toute la capitale et en dehors. Certains sont rémunérés à la journée, tandis que d’autres perçoivent leur salaire à la fin de la semaine.
Ces jeunes souvent invisibles sont de vrais héros discrets, car ce métier est difficile, mais ils y trouvent la force de vivre.

Par Moustapha KOUNDE KOI-ASSAL.