N’Djamena : la tradition des soins ancestraux toujours vivante.

Dans les ruelles animées de Ridina dans le 5ᵉ arrondissement de la capitale, Maloum Logona, maintient vivante une pratique héritée des anciens, celle de la médecine traditionnelle tchadienne. Entre cornes de bœuf, racines d’arbres et poudres naturelles soigneusement conservées dans des sachets, il défend un savoir-faire ancestral aujourd’hui confronté à la montée en puissance de la médecine moderne.

Installé discrètement derrière son étal, il propose une variété de remèdes conçus à partir d’éléments naturels, qui à ses yeux, ces traitements conservent toute leur efficacité, notamment auprès d’une clientèle attachée aux pratiques traditionnelles : « à l’époque, nos parents n’avaient que ces remèdes pour se soigner. Ils étaient essentiels. Aujourd’hui, ils perdent peu à peu leur place, mais leur valeur reste intacte », explique-t-il avec conviction.

Sur sa table, les produits sont destinés à traiter diverses maladies, notamment les hémorroïdes appelées localement « enbasour » , les maux de ventre ou encore certains troubles attribués aux mauvais esprits. D’autres préparations sont recommandées pour protéger les nourrissons contre certaines maladies ou préserver l’équilibre des foyers.

Les modes d’utilisation varient selon les prescriptions. Certains clients portent des « waragas » autour du cou ou à la hanche, tandis que d’autres optent pour des poudres à diluer dans de l’eau ou des préparations à consommer suivant des indications précises. Chaque traitement est accompagné de conseils, transmis selon les règles héritées de la tradition.

Si la médecine moderne s’impose de plus en plus dans les habitudes de soins, la pratique traditionnelle conserve une place significative dans de nombreux ménages tchadiens. Pour certains, elle constitue une alternative accessible ; pour d’autres, un repère culturel et spirituel profondément enraciné.

Le commerce de Maloum Logona symbolise ainsi un pan essentiel du patrimoine immatériel tchadien, entre héritage ancestral et réalités contemporaines, ces remèdes traditionnels continuent de témoigner d’un lien vivant avec le passé, malgré les mutations de la société.

Par Moustapha KOUNDE.

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