Le Taïnya : au Tchad, une soupe d’arachide au cœur du quotidien et de l’économie locale.

Cette photo ne m’appartient pas.⤵️⤵️

Dans les rues du Tchad, le Taïnya accompagne les matinées de nombreux habitants. Cette soupe à base de pâte d’arachide, connue aussi sous les noms de Dragon, Soupe Paule Billa ou Tourne-dos, est à la fois un repas accessible et une activité génératrice de revenus pour plusieurs ménages.

Dès les premières heures de la journée, les étals de Taïnya attirent consommateurs et habitués dans les quartiers des villes et des villages. Servi chaud, souvent accompagné de beignets, ce plat constitue pour certains le premier repas de la journée. Son prix accessible et son caractère rassasiant en font une option appréciée par de nombreux travailleurs, élèves et habitants.

Pour certains consommateurs, le Taïnya s’inscrit dans les habitudes quotidiennes. Tebara Roland, célibataire, explique qu’il préfère souvent acheter son repas plutôt que de solliciter sa famille. « Je n’aime pas déranger maman et mes sœurs pour le déjeuner. Quand je sors, j’achète ce plat et cela m’arrange beaucoup. Je passe ma journée bien rassasiée, il me suffit de boire de l’eau », témoigne-t-il.

Le plat renvoie également à des souvenirs d’enfance. Damdé se souvient notamment de ses années à l’école primaire. « Ce plat me rappelle mon enfance à l’école primaire, c’était ma nourriture préférée. Je le mangeais accompagné de beignets. Quand mon père me donnait de l’argent pour manger à l’école, c’était toujours ce que je choisissais », raconte-t-il.

Mais derrière les bols servis chaque matin se trouve aussi une petite économie familiale. Pour certaines femmes, la préparation et la vente du Taïnya permettent de compléter les revenus du ménage et de faire face aux dépenses quotidiennes.

Une mère de famille, dont le mari est à la retraite, raconte avoir commencé par vendre des beignets devant son domicile. « Nous n’avons plus d’argent comme avant. Pour aider avec les dépenses de la maison, je me suis mise à vendre des beignets devant chez moi, mais la vente était difficile et il n’y avait pas de clients. Depuis que j’ai commencé à y associer le Taïnya, tout s’écoule rapidement. Et c’est aussi ce Taïnya que mes enfants mangent le matin », explique-t-elle.

La préparation de ce plat demande plusieurs étapes. Les graines d’arachide sont d’abord grillées avant d’être moulues pour obtenir une pâte. Celle-ci est ensuite travaillée avec un peu d’eau afin d’en extraire l’huile. Le produit obtenu après cette étape, appelé Toumgoussa, est façonné en petites boulettes puis légèrement séché au soleil.

Pour la cuisson, les oignons sont d’abord revenus dans l’huile. De l’eau, du sel et un cube d’assaisonnement sont ensuite ajoutés. À l’ébullition, les boulettes de pâte d’arachide sont incorporées, suivies de feuilles ou de fleurs d’oseille qui donnent au bouillon son goût acidulé. Une pâte d’arachide rouge vient compléter la préparation. Après quelques minutes de cuisson et l’ajustement de l’assaisonnement, le Taïnya est prêt à être servi.

Au-delà de la cuisine, le Taïnya raconte ainsi une partie du quotidien de nombreux Tchadiens. Dans les quartiers, il nourrit les familles, rappelle des souvenirs d’enfance et permet à certains ménages de disposer d’un revenu. Un plat simple, inscrit dans les habitudes et transmis à travers les générations.

Photo prise par WIWA Sidonie ⤵️⤵️

Par WIWA Sidonie

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