Arts plastiques : À la Galerie KEI-KOR, l’art de la gravure laisse son « Empreinte » à N’Djaména.

Dès l’ouverture de la cérémonie, une atmosphère de solennité et de célébration a envahi l’espace d’exposition. Face à un public venu en nombre, le président Doff a pris la parole pour adresser un mot de bienvenue chaleureux aux différents invités, partenaires et amoureux de l’art. En saluant cette présence massive qui donne un cachet tout particulier à l’événement, il a souligné l’importance de soutenir de telles initiatives de formation pour la jeunesse artistique tchadienne. Ce mot d’accueil a immédiatement installé une complicité forte entre le public et les créateurs, ouvrant la voie à la découverte des œuvres nées de cette collaboration internationale.

Au cœur de la Galerie KEI-KOR, l’exposition dévoile le travail acharné d’un mois de résidence où la matière s’est laissée dompter par le talent des résidents. Pour l’artiste plasticienne française Claire de Pimodan, tout l’enjeu de cet atelier de linogravure reposait sur l’apprentissage du geste et l’acceptation de l’imprévu. « La gravure, c’est de la répétition, ce sont des multiples », explique-t-elle, rappelant qu’une fois le support creusé, le dessin devient permanent. C’est précisément dans cet espace « infaisable » que réside la magie de la discipline : transformer les erreurs techniques en opportunités artistiques singulières. Des premières esquisses préparatoires aux impressions finales, les visiteurs découvrent un parcours rigoureux où chaque imperfection revendiquée devient une force, illustrant la thématique de la résidence, « Imprimer avec le réel ».

Face à cette exigence technique, les jeunes plasticiens tchadiens ont opposé une audace et une sensibilité remarquables, vivant cette expérience comme un véritable déclic dans leur parcours. Le représentant des artistes résidents Mr EEHERNEST a d’ailleurs décrit avec émotion cette courbe d’apprentissage unique : « Au début, nous avons découvert les outils. Peu après, il a fallu apprivoiser le linoléum, apprendre le geste précis de la gouge, et comprendre le jeu subtil des ombres et de la lumière. » Loin de se laisser décourager par la complexité de l’impression en relief, les créateurs ont savouré chaque étape, l’orateur confiant que « la magie de l’encrage et le moment si particulier du passage à l’impression » s’étaient transformés en de purs instants de découverte et d’émotion. En saluant la bienveillance et la générosité de Claire de Pimodan, qui leur a transmis ce savoir-faire rigoureux tout en leur garantissant une totale liberté de création, les résidents ont prouvé qu’ils avaient su déployer leurs ailes pour laisser une empreinte indélébile dans l’histoire des arts plastiques à N’Djaména.

Cette aventure artistique majeure n’aurait pu voir le jour sans le soutien indéfectible de partenaires engagés pour le rayonnement culturel national. Les organisateurs ont ainsi tenu à exprimer leur sincère gratitude envers la Coopération Suisse pour son accompagnement constant en faveur du développement des arts plastiques au Tchad. Pour la direction artistique de l’association Knock On Art, cette restitution marque l’envol réussi d’une nouvelle génération de créateurs. À l’image des oiseaux qui prennent leur élan, les résidents ont su libérer leur geste et élargir leur horizon artistique. En invitant le public à échanger directement avec les créateurs autour de ces œuvres singulières, l’événement se clôture sur une certitude partagée par tous les participants : les instants exposés aujourd’hui à la Galerie KEI-KOR resteront « l’empreinte durable de cette magnifique aventure humaine .

Par TOADOUM CHRISTOPHE

Crédit photo SINGAMONG SEVERIN

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