5 octobre : à N’Djaména, les enseignants célèbrent leur journée dans la contestation.

Une enseignante du primaire au tableau explique le cours à une élève debout devant elle, en classe de CP2 à l’école La Fraternité. Photo : M. Koundé Koï-assal⤵️⤵️

Alors que le monde rend hommage aux enseignants ce 5 octobre, ceux de N’Djaména ont choisi de ne pas célébrer cette journée. Ils dénoncent la suspension de leur bureau exécutif par le bureau national du SET et réclament notamment le paiement de leur demi-salaire du mois de février ainsi qu’une amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Le 5 octobre devait être une journée consacrée à celles et ceux qui transmettent les savoirs et contribuent à former les générations futures. À N’Djaména, elle prend une tout autre tonalité. Les enseignants ont décidé de marquer cette journée par la protestation, estimant que les difficultés auxquelles ils sont confrontés ne permettent pas de parler de véritable célébration.

À l’origine de cette décision figure notamment la suspension du bureau exécutif du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) de N’Djaména par le bureau national. Une décision qui intervient dans un contexte déjà marqué par des revendications sociales. Les enseignants réclament également le paiement de leur demi-salaire du mois de février dernier et dénoncent des conditions de vie et de travail qu’ils jugent difficiles.

Derrière ces revendications, il y a une réalité quotidienne. Dans plusieurs établissements, les enseignants doivent composer avec des effectifs importants, des moyens pédagogiques parfois insuffisants et des conditions de travail peu favorables. Malgré ces contraintes, ils continuent d’assurer leurs cours et d’accompagner les élèves dans leur parcours scolaire.

Cette situation pose une question plus large : comment célébrer le métier d’enseignant lorsque ceux qui l’exercent estiment eux-mêmes ne pas être suffisamment considérés ? La reconnaissance de leur rôle ne peut pas se limiter à une journée symbolique. Elle passe aussi par le respect de leurs droits, le paiement régulier de leurs salaires, l’amélioration de leurs conditions de travail et un dialogue social permettant de prévenir les tensions.

Le 5 octobre 2026 rappelle ainsi une réalité parfois difficile à regarder. Derrière les discours sur l’importance de l’éducation se trouvent des enseignants qui attendent, eux aussi, des réponses concrètes à leurs préoccupations. Leur mobilisation transforme cette journée internationale en un moment d’interpellation sur la place accordée à ceux qui ont la responsabilité de préparer les citoyens de demain.

Au-delà de la célébration, cette journée invite donc à écouter les enseignants. Car rendre hommage à leur métier, ce n’est pas seulement leur adresser des messages de reconnaissance. C’est aussi créer les conditions nécessaires pour qu’ils puissent exercer dignement leur mission. À N’Djaména, ce 5 octobre, le silence de la célébration laisse place à une revendication : être enseignant, c’est former l’avenir, mais c’est aussi avoir droit à la considération et à des conditions de travail dignes.

Par TOADOUM Christophe

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