
À la Semaine du numérique (SENUM) à Cotonou, on a fait connaissance avec << Les Amazones du Digital >> : douze femmes innovatrices, comme Azielle Agoli-Agbo. Cette Béninoise se distingue avec houéfâ, une application dédiée à la valorisation du patrimoine culinaire béninois.
Azielle Agoli Agbo, fondatrice de Houéfâ, la voix numérique des traditions culinaires béninoises.
<< Pour moi, réussir un riz gras, c’est un art. Ce n’est pas juste du riz et de l’huile ». Azielle Agoli-Agbo a le sens des formules. C’est par cette phrase qu’elle ponctue une des vidéos de recettes. L’Amiwo, l’Akassa, l’Atassi, la sauce gombo, le Toubani, le Wagassi ou l’Akpan, l’application d’Azielle rassemble des recettes locales tout en mettant en avant celles qui en détiennent le savoir : les femmes rurales.
Née d’un constat récurrent lors de ses stages dans les zones rurales, l’immense travail des femmes, peu reconnu et rarement valorisé, Houêfa se positionne comme une maison numérique de la tradition béninoise.
Plus qu’un simple recueil gastronomique
L’outil propose des recettes coécrites avec les femmes rurales. Elles sont, au préalable, formulées et documentées de manière professionnelle. Il offre également des circuits culinaires immersifs de 24 heures à trois jours, permettant d’explorer les techniques locales de transformation alimentaire à travers différents forfaits. Les femmes sont au cœur du dispositif : impliquées, rémunérées et visibles grâce à des portraits qui racontent leur rôle dans la transmission du patrimoine.
Au-delà des frontières béninoises
Houéfâ veut s’imposer comme un modèle pour de nombreux pays africains où les traditions culinaires reposent sur des dynamiques communautaires similaires. Au Tchad, par exemple, riche d’une gastronomie transmise de générations en générations, une telle plateforme pourrait documenter et moderniser le patrimoine culinaire tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les femmes rurales.
Dans un continent où la transition numérique s’accélère, Houéfå montre la voie d’un digital inclusif, ancré dans la culture et porteur d’impact social.
Une démonstration de ce que l’Afrique peut construire lorsqu’elle place ses traditions au cœur de l’innovation.
Lydie Allahigam, envoyée spéciale pour Técôr Médias à Cotonou.
Cet article est rédigé dans le cadre de la rédaction éphémère initiée à Cotonou du 17 au 22 novembre dans le cadre du projet MediasOS.