
Après trois jours de pluies diluviennes, du 14 au 16 août 2026, Goré fait face à d’importants dégâts matériels et agricoles. Avec un cumul record de 188,7 mm en 72 heures, dont 141,6 mm enregistrés le samedi 15 août, la ville connaît le niveau de précipitations le plus élevé jamais enregistré localement.
Selon le service départemental de l’ANADER, ces pluies accompagnées de vents violents ont provoqué l’effondrement de plusieurs habitations, la submersion de concessions et la dégradation de plusieurs axes routiers, rendus impraticables par les arbres déracinés et les eaux. Le marché central a également été fortement touché, avec des boutiques et des étals envahis par les eaux durant la nuit.
Le secteur agricole n’est pas épargné. Les cultures de mil et de sorgho ont subi d’importants dommages, tandis que le magasin de stockage de l’ANADER a été inondé, exposant plusieurs tonnes de semences et d’engrais aux eaux. Une mission d’évaluation des dégâts a été menée lundi 17 août par la mairie et les représentants des services sectoriels.
Pour le maire de Goré, Mbaikoua Etienne, la situation est aggravée par l’occupation des voies naturelles de drainage. Il annonce une intervention urgente pour dégager les passages d’eau et donne un délai de sept jours aux personnes occupant certains espaces au niveau du marché pour les libérer.
Du côté des commerçants, les pertes sont jugées considérables. Mahamat Saleh Moussa, délégué des commerçants du grand marché, évoque des dégâts se chiffrant à plusieurs millions de francs CFA, précisant que presque toutes les boutiques ont été touchées.
L’ANADER alerte également sur les conséquences agricoles. Mbainodji Dionyo Christian, chef de sous-secteur, estime que ces pluies compromettent la campagne agricole, alors que les prévisions annoncent encore des précipitations dans les prochains jours. Il appelle l’État et les partenaires humanitaires à intervenir pour assister les sinistrés et évacuer les eaux stagnantes.
À Goré, l’urgence est désormais de rétablir l’écoulement des eaux et de venir en aide aux populations touchées. Entre pluies exceptionnelles, dégâts agricoles et occupation des voies de drainage, cet épisode met une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité de la ville face aux événements météorologiques extrêmes.

Par DEBEM Ramos Clison, depuis Goré