
Autrefois, le respect envers les belles-familles et les aînés faisait partie des valeurs fondamentales de nombreuses familles tchadiennes. Aujourd’hui, cette tradition tend à disparaître, au grand regret de certains anciens qui y voient une perte des repères culturels.
Au Tchad, pays marqué par une riche diversité culturelle, le respect des aînés et des belles-familles a longtemps occupé une place importante dans la vie familiale. Les femmes, en particulier, manifestaient ce respect à travers plusieurs gestes symboliques.
À leur arrivée chez leurs beaux-parents ou devant une personne âgée, elles enlevaient leurs chaussures avant d’entrer dans la maison, gardaient les yeux baissés en saluant et évitaient de manger ou de boire devant leurs belles-familles. Ces attitudes étaient considérées comme des marques de politesse, d’humilité et de bonne éducation.
Aujourd’hui, ces pratiques sont de moins en moins observées. Beaucoup de jeunes femmes ne suivent plus ces traditions, une évolution que certains anciens attribuent aux changements de mode de vie et de mentalité.
« Quand nous étions jeunes, les filles montraient beaucoup de respect envers nos parents. Elles entraient dans la maison sans chaussures et ne regardaient pas les aînés dans les yeux. Mais aujourd’hui, ces habitudes disparaissent », témoigne M. Djasrabé Casimir, père de famille résidant au quartier Kabalaye.
Pour lui, les parents portent aussi une part de responsabilité. « Lorsque nos belles-filles essaient de nous témoigner ce respect, certains d’entre nous leur disent que ce sont des pratiques du passé. À force de les décourager, ces traditions finissent par disparaître », explique-t-il.
Si les modes de vie évoluent avec le temps, de nombreuses familles estiment que le respect envers les aînés et les belles-familles demeure une valeur essentielle. Pour elles, préserver ces gestes de courtoisie, même sous une forme adaptée à l’époque actuelle, contribue à renforcer les liens familiaux et à transmettre les valeurs culturelles aux nouvelles générations.

Par WIWA Sidonie
Photo crédit Moustapha KOUNDE KOI-ASSAL