N’Djamena : axe Grillage, la population prisonnière de la boue.

À chaque pluie, la grande route menant au quartier Grillage, dans le 7ᵉ arrondissement de N’Djamena, devient quasiment impraticable. Bien qu’elle ait été tracée il y a plusieurs années, cette voie n’a jamais été bitumée contrairement à d’autres axes de la capitale. Les habitants, contraints de vivre avec la boue, les eaux stagnantes et les véhicules embourbés, dénoncent une situation qui perdure malgré leurs multiples appels aux autorités.

La saison des pluies ravive chaque année les mêmes difficultés pour les habitants du quartier Grillage. La principale voie d’accès au quartier se transforme en un véritable bourbier dès les premières précipitations, compliquant considérablement les déplacements des riverains, des automobilistes et des motocyclistes.

Pour de nombreux habitants, cette situation est d’autant plus incompréhensible que cette route avait été tracée il y a plusieurs années, en même temps que le grand axe reliant le rond-point du 10 Octobre à Boutalbagara. Si cette dernière a été entièrement bitumée, la voie desservant Grillage est, elle, restée à l’abandon. « Nous sommes dans un quartier un peu reculé, c’est vrai. Mais cette route a été tracée il y a des années en même temps que la grande route qui part du rond-point du 10 Octobre vers Boutalbagara. Le goudron a été fait partout, sauf chez nous. Chaque saison des pluies, nous revivons les mêmes souffrances », témoigne M. Djerané, habitant du quartier depuis plusieurs années.

Les conséquences sont visibles dès les premières averses. La chaussée disparaît sous les eaux et la boue, rendant la circulation extrêmement difficile. « Dès que la pluie tombe, nous ne pouvons plus circuler librement. Les voitures et les motos s’embourbent dans la boue ou restent bloquées dans l’eau. Très souvent, ce sont les jeunes du quartier qui interviennent pour pousser les véhicules et les sortir de là », raconte-t-il.

Au-delà des désagréments quotidiens, cette situation affecte la mobilité des habitants, ralentit les activités économiques et complique l’accès aux services essentiels, notamment pendant plusieurs mois de l’année.

Les riverains disent avoir multiplié les démarches et les plaidoyers auprès des autorités, sans résultat concret. « Nous avons assez parlé pendant des années, mais rien n’est fait. Pourtant, la route qui part devant l’hôtel Mirande jusqu’ici n’avait été tracée que récemment, et elle a déjà été bitumée. Nous ne comprenons pas pourquoi notre route est toujours oubliée », déplore M. Djerané.

Pour les habitants de Grillage, le bitumage de cette voie représente bien plus qu’un simple projet d’infrastructure. Il s’agit d’une nécessité pour désenclaver le quartier, améliorer les conditions de vie des populations et garantir une circulation normale tout au long de l’année.

Alors que plusieurs routes de la capitale connaissent d’importants travaux de modernisation, les habitants de Grillage espèrent que leur principale voie d’accès ne restera plus longtemps en marge des programmes d’aménagement urbain. En attendant une réponse des autorités, ils continuent, saison après saison, de faire face à une réalité marquée par la boue, les inondations et les difficultés de circulation.

Par Moustapha KOUNDE.

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