
À l’approche de la saison des pluies, une pratique devenue courante dans plusieurs quartiers de la capitale suscite de vives inquiétudes. Pour combler les nids-de-poule et faciliter la circulation, des riverains déversent des ordures ménagères et divers déchets sur les voies publiques. Si cette solution semble offrir un soulagement immédiat, elle expose pourtant les populations à des risques sanitaires et pose un véritable défi en matière d’assainissement et de civisme.
À quelques jours des premières grandes pluies, le constat est presque identique dans les dix arrondissements de la capitale, avec une situation particulièrement préoccupante dans le 7ᵉ arrondissement. Sur plusieurs axes fortement dégradés, les tas d’ordures ont progressivement remplacé le sable ou le gravier habituellement utilisés pour combler les crevasses de la chaussée. Déchets organiques, résidus ménagers, boues et autres détritus sont ainsi déversés directement sur les voies de circulation.
À première vue, ces amas semblent rendre le passage plus praticable, mais dès les premières pluies, le mélange d’eau et de déchets se transforme rapidement en une masse nauséabonde. Les matières organiques entrent en décomposition, les eaux stagnent et les mauvaises odeurs envahissent les quartiers, tandis que les usagers marchent ou circulent au milieu d’un environnement propice à la prolifération de bactéries, de champignons et d’autres agents pathogènes susceptibles de provoquer des infections ou des maladies de la peau. « Quand il pleut, nous sommes obligés de traverser cette eau sale pour rentrer chez nous. L’odeur est insupportable et nous craignons pour la santé de nos enfants », témoigne un habitant rencontré dans le 7ᵉ arrondissement.
Au-delà des risques sanitaires, cette pratique met en lumière un problème plus profond, celui du civisme et de l’assainissement urbain. En transformant les routes en dépotoirs improvisés, chacun contribue involontairement à la dégradation du cadre de vie collectif. Une difficulté d’accès ne devrait pas justifier l’abandon des règles élémentaires d’hygiène ni le déversement des déchets sur la voie publique.
Pour plusieurs habitants, l’amélioration durable des routes passe autant par l’intervention des pouvoirs publics que par un changement de comportement des citoyens. « Nous avons besoin de routes praticables, mais aussi d’un environnement propre, chacun doit faire sa part », estime un riverain. Dans plusieurs secteurs de la ville, piétons, motocyclistes et automobilistes sont contraints de redoubler de vigilance pour emprunter des axes devenus difficilement praticables.

Par ASRA Steve.