
Les charrettes tirées par des chevaux, largement utilisées pour le transport du bois de chauffe, des briques et d’autres marchandises dans la capitale, représentent une source de revenus pour de nombreux commerçants. Toutefois, leur circulation sur les routes goudronnées, souvent marquée par le non-respect des règles de priorité, expose quotidiennement les usagers à des risques d’accidents et suscite de nombreuses inquiétudes.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, ces charrettes traversent fréquemment les axes bitumés sans ralentir ni s’assurer que la voie est libre. Ce comportement oblige souvent les motocyclistes et les automobilistes à effectuer des freinages brusques ou des manœuvres d’urgence pour éviter une collision. « Si les autorités n’appliquent pas les mesures qu’il faut, nous finirons par agir nous-mêmes, en voulant les éviter, il nous arrive de tomber. Parfois, dès que j’aperçois une charrette au loin, je préfère m’arrêter et attendre qu’elle passe », témoigne Arsene, usager de la route dans le 9eme. Même inquiétude chez Maïmouna, « tu circules normalement et, tout à coup, une charrette surgit pour traverser la route. Si tu n’es pas vigilant, l’accident est vite arrivé. Souvent, par compassion pour ces commerçants qui cherchent simplement à gagner leur vie, on évite de leur créer des problèmes. Mais les comportements ne changent pas », déplore-t-elle.
Pour plusieurs usagers, ces situations s’expliquent en partie par une méconnaissance des règles élémentaires du Code de la route, notamment celles relatives aux priorités de passage. Cette insuffisance accroît les risques aussi bien pour les conducteurs de charrettes que pour les motocyclistes, les automobilistes et les piétons.
Face à cette situation, de nombreux citoyens plaident pour une campagne de sensibilisation destinée aux conducteurs de charrettes ainsi qu’un renforcement des contrôles routiers. Selon eux, une meilleure maîtrise des règles de circulation et un comportement plus prudent lors de la traversée des routes goudronnées contribueraient à réduire les accidents et à garantir une cohabitation plus sûre entre tous les usagers.
Par Moustapha KOUNDE.
Image : ASRA Steve.