
Les États africains et caribéens franchissent une nouvelle étape dans la quête de réparation des injustices héritées de l’esclavage, de la colonisation et du racisme systémique. Réunis à Accra au Ghana, ils ont adopté ce 19 juin, un cadre mondial en 19 points destiné à orienter les futures politiques de justice réparatrice.
À l’issue des travaux, ce cadre mondial vise à répondre aux conséquences durables de l’esclavage transatlantique, de la colonisation et des discriminations raciales. Ce document, présenté comme une feuille de route internationale, fixe les principales mesures que les États et les institutions sont appelés à mettre en œuvre pour promouvoir une réparation des préjudices historiques subis par les peuples africains et leurs descendants à travers le monde. Parmi les dispositions phares figurent la reconnaissance officielle des crimes commis dans le passé, la présentation d’excuses formelles par les États concernés, l’octroi de compensations, la restitution des biens culturels et des œuvres patrimoniales emportés durant la période coloniale, ainsi que des mécanismes d’allègement de la dette pour certains pays africains et caribéens.
Les participants ont souligné que cette initiative ne vise pas uniquement à réparer les injustices du passé, mais également à créer les conditions d’un développement plus équitable et d’une coopération renforcée entre les nations. Ils estiment que les séquelles économiques, sociales et culturelles de l’esclavage et de la colonisation continuent d’influencer les trajectoires de nombreux pays et communautés. L’adoption de ce cadre intervient dans un contexte de mobilisation croissante autour des questions de réparation. Depuis plusieurs années, les organisations africaines, caribéennes et de la diaspora plaident pour une reconnaissance plus affirmée des responsabilités historiques et pour la mise en place de mécanismes concrets de réparation.
Avec cette décision prise à Accra, les partisans de la justice réparatrice espèrent ouvrir une nouvelle phase de dialogue international et faire progresser les revendications portées depuis des décennies par les peuples africains et afrodescendants. Le défi reste désormais de transformer ces engagements politiques en actions concrètes à l’échelle mondiale.

Par ASRA Steve.