
Dans les foyers tchadiens, la cohabitation entre belle-mère et belle-fille oscille entre complicité et conflit.
Entre respect des traditions et aspirations modernes, le quotidien devient parfois un véritable défi pour ces deux générations.
Vivre sous le même toit n’est jamais chose aisée, et cette relation en est une illustration typique. D’un côté, les aînées souhaitent transmettre leur expérience et préserver l’harmonie familiale ; de l’autre, les jeunes femmes cherchent à s’affirmer et à trouver leur place. Ces différences peuvent engendrer tensions et incompréhensions, mais elles offrent aussi une occasion d’apprentissage mutuel.
Pour Dourodigueni Rébecca, mère d’une cinquantaine d’années vivant à Boutalbagar, le contraste est net : « À notre époque, nous respections nos belles-mères comme nos mamans, et elles nous montraient les secrets du foyer. Mais aujourd’hui, nos belles-filles sont les armes à feu que nos enfants nous apportent à la maison. Elles ne nous respectent pas, nous insultent et refusent même de nous donner à manger ».
Kotein Chantal, du quartier Abena, partage une autre approche face aux tensions : « Nos belles-filles nous jalousent plus que nos coépouses. Quand elles refusent de m’écouter, je garde le silence pour éviter les conflits ».
Du côté des jeunes, Koulmeme Monica, 25 ans, nuance les propos : « Nos belles-mères ont parfois de bons comportements, mais certaines sont des sacs à problèmes et n’aiment pas la paix. C’est pourquoi certaines filles préfèrent rester seules dans la maison familiale. »
Ces témoignages révèlent que, malgré les frictions, dialogue, patience et respect mutuel restent essentiels pour faire de la cohabitation une expérience enrichissante.
Les belles-mères et les belles-filles ne sont pas des adversaires naturelles. Avec compréhension et compromis, elles peuvent faire de la maison familiale un espace de paix, de complicité et d’échange intergénérationnel.
Par TABBA Samson.