
Le 1ᵉʳ décembre 2025, le gouvernement tchadien a inauguré le pont de la Refondation, reliant Walia à Chagoua. Cette infrastructure a grandement soulagé les usagers, mettant fin à des années d’embouteillages, et les déplacements plus rapides, notamment grâce au développement du transport en commun. Cependant, cette avancée fragilise économiquement les conducteurs de moto-taxis, dont les revenus chutent face à la concurrence des bus commerciaux, jugés plus abordables par les passagers.
Grâce au nouveau pont et à la mise en place des points d’arrêts des bus, beaucoup de personnes dépensent moins pour se déplacer : « Dieu merci, les cars sont disponibles maintenant. On peut payer seulement 200 francs pour un aller-retour rapide, et 300 francs pour une distance moyenne », explique une commerçante anonyme, du marché central.
Mais cette amélioration pose problème à certains, surtout aux clandoman, dont les revenus ont beaucoup baissé, « La circulation est fluide, mais pour nous c’est le déficit total. Avant, le trajet Walia–Dembé coûtait 500 francs. On a baissé à 250 francs, mais on peut passer plus d’une heure sans client. Les gens préfèrent le car », déplore Marcel Djassina, clandoman.
Samkolo Mathias, lui aussi clandoman, confirme. « Avant, je gagnais au moins 5 000 francs par jour. Maintenant, même 2 000 francs, c’est difficile à avoir. »
Le pont de la Refondation améliore le quotidien de nombreux habitants, mais il met aussi certains travailleurs dans une situation difficile.
« Il reste maintenant à trouver des solutions pour que tout le monde puisse en profiter. Sinon, on ne saura plus à quelles activités se fier », conclut Djassina.

Par ALLAHIGAM Lydie.