
Comme dans de nombreux pays à travers le monde, le Tchad commémore ce mois d’octobre la campagne « Octobre Rose », dédiée à la sensibilisation, au dépistage et au plaidoyer en faveur des femmes touchées par le cancer du sein. Mais derrière les campagnes de sensibilisation se cache une réalité préoccupante : le manque des structures de prise en charge et le coût élevé des soins qui laissent de nombreuses femmes sans solution.
Chaque année, « Octobre Rose » vise à attirer l’attention sur le cancer du sein, première cause de mortalité par cancer chez la femme dans le monde. C’est un moment de solidarité, de prévention, d’accompagnement et de réflexion sur les réalités vécues par les femmes atteintes de cette maladie.Au Tchad, les initiatives en matière de sensibilisation commencent à prendre forme, notamment par des campagnes de dépistage organisées en milieu urbain. Toutefois, ces efforts restent limités, sporadiques et sans véritable ancrage institutionnel durable.Le constat est alarmant : les femmes atteintes de cancer du sein au Tchad sont confrontées à d’importantes difficultés. Les structures spécialisées n’existent pas, et les quelques cliniques privées capables de proposer des traitements restent financièrement inaccessibles pour la majorité. En l’absence de centres de référence publics équipés, les malades les plus démunies n’ont d’autre choix que de baisser les bras, laissant la maladie évoluer jusqu’à l’issue fatale.Celles qui en ont les moyens se tournent vers des établissements privés coûteux ou se rendent à l’étranger pour se faire soigner. Une inégalité criante qui souligne l’urgence d’un système de santé plus équitable et inclusif.En juin dernier, une lueur d’espoir est apparue à N’Djamena, avec la pose de la première pierre du Centre National d’Excellence en Cancérologie, portée par le ministère de la Santé avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Ce projet, bien qu’encourageant, doit être suivi d’actions concrètes et rapides pour répondre à l’urgence sanitaire que représente le cancer du sein au Tchad.Selon l’OMS, 135.000 femmes pourraient mourir du cancer du sein d’ici 2040 en Afrique subsaharienne. Seize pays sur 42 (38%) ne disposent d’aucun équipement de radiothérapie. L’analyse montre également que 37/42 pays (88,10%) disposent de services de chimiothérapie. »Octobre Rose » ne doit pas être une simple parenthèse annuelle de sensibilisation. Il doit servir de tremplin pour une mobilisation collective, pérenne et efficace contre le cancer du sein. Autorités, partenaires, société civile et médias doivent unir leurs efforts pour que chaque femme, où qu’elle vive au Tchad, puisse avoir accès à un diagnostic précoce, à des soins de qualité et à un accompagnement digne. Car chaque jour, des vies s’éteignent faute de moyens, de structures ou d’attention. Le combat contre le cancer du sein ne peut plus attendre.
Par ALLAHIGAM Lydie.