N’Djamena : violences en salle d’accouchement.

Donner la vie devrait être un moment empreint de dignité, d’écoute et d’accompagnement. Pourtant, dans certaines maternités de la capitale, des femmes dénoncent des maltraitances verbales et physiques au moment de l’accouchement. Un phénomène préoccupant qui interroge la qualité de la prise en charge et le respect des patientes.

Pour de nombreuses femmes, l’accouchement constitue une étape à la fois intense et profondément vulnérable. Dans ces instants décisifs, le soutien, l’empathie et le professionnalisme du personnel de santé sont essentiels. Mais pour certaines, cette expérience se transforme en une épreuve traumatisante.

Insultes, humiliations, gestes brusques, parfois même des coups, des témoignages concordants font état de comportements inappropriés de la part de certains membres du personnel médical, notamment des sage-femmes, envers des femmes en plein travail.

« On m’a crié dessus, on m’a ordonné de me taire… alors que j’étais déjà en souffrance, ce moment que j’imaginais heureux, est devenu un souvenir difficile à porter. », confie une jeune mère.

Ces pratiques, souvent banalisées ou passées sous silence, relèvent de ce que l’on désigne comme des violences obstétricales. Elles peuvent laisser des séquelles durables, tant physiques que psychologiques. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ces dérives, surcharge des structures sanitaires, manque de personnel, conditions de travail éprouvantes, mais aussi un déficit de formation en communication et en accompagnement des patientes.

Toutefois, ces contraintes ne sauraient en aucun cas justifier de tels comportements. Le respect de la dignité humaine demeure une exigence fondamentale dans toute prise en charge médicale. Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour dénoncer ces abus et appeler à des réformes concrètes. Sensibilisation du personnel, amélioration des conditions de travail, mise en place de mécanismes de plainte accessibles et efficaces : autant de pistes pour garantir une meilleure protection des femmes.

Donner la vie ne devrait jamais rimer avec humiliation ou violence. Assurer un accouchement respectueux, c’est non seulement protéger les mères, mais aussi jeter les bases d’une société plus juste et plus humaine. Le changement passe par une prise de conscience collective et un engagement réel à tous les niveaux.

Par SOLOUMTA Abigael.

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