
Mis en place pour fluidifier la circulation et réduire les risques d’accidents, les feux tricolores sont désormais présents à plusieurs grands carrefours de N’Djamena. Mais entre l’indiscipline de certains conducteurs et les fréquentes coupures d’électricité, ces équipements peinent encore à remplir pleinement leur rôle.
Dans plusieurs carrefours de la capitale, les feux tricolores sont devenus un repère important pour les usagers de la route. Leur objectif est simple : permettre aux véhicules de circuler à tour de rôle afin d’éviter les conflits de passage et les embouteillages. Pourtant, sur le terrain, ces règles ne sont pas toujours respectées.
Lorsque le feu passe au rouge, certains conducteurs poursuivent malgré tout leur trajet. D’autres s’engagent dans le carrefour alors que les véhicules venant de l’autre côté n’ont pas encore terminé de traverser. En quelques secondes, les voies se retrouvent bloquées et la circulation devient difficile. Dans ces situations, les policiers sont souvent obligés d’intervenir pour rétablir l’ordre.
Pour Yanbatina Julien, conducteur de moto, ce problème est avant tout lié au comportement de certains usagers.
« Il est vraiment difficile de faire comprendre certaines règles à des conducteurs. Les feux tricolores sont là pour faciliter la circulation. Beaucoup les respectent, mais pas comme il faut. Par exemple, lorsque notre feu passe au rouge, ceux qui sont en face devraient attendre que nous quittions complètement le carrefour avant d’avancer. Mais certains démarrent immédiatement, ce qui bloque toute la circulation. »
Selon plusieurs habitants, les difficultés sont particulièrement visibles au rond-point de la Double Voie, où les longues files de véhicules se forment presque chaque jour.
Yacoub Mahamat estime que certains conducteurs ne prennent tout simplement pas les feux de signalisation au sérieux.
« C’est surtout au rond-point de la Double Voie que cela se passe. On dirait que certains ne prêtent aucune attention au feu rouge. Ils continuent de rouler comme si de rien n’était. Et lorsqu’un policier les arrête, ils cherchent souvent à se justifier ou à négocier au lieu de reconnaître leur faute. »
À cette indiscipline s’ajoute un autre défi : les coupures d’électricité. Dès que le courant est interrompu, les feux s’éteignent et les automobilistes doivent se débrouiller seuls pour traverser les intersections. Dans ces moments, chacun tente de passer en premier, ce qui provoque rapidement des bouchons et augmente les risques d’accidents.
Bichara Tahir regrette que cette situation revienne régulièrement.
« Mon problème, c’est quand il n’y a pas d’électricité. Nous sommes dans la capitale, où la circulation est très dense. On installe des feux tricolores pour organiser la circulation, mais dès qu’il y a une coupure de courant, tout s’arrête. Sans électricité, les feux ne servent plus à rien et les embouteillages deviennent encore plus importants. »
Pour de nombreux usagers, l’amélioration de la circulation passe à la fois par un meilleur respect du code de la route et par un fonctionnement permanent des feux de signalisation. Sans ces deux conditions, les carrefours les plus fréquentés continueront d’être des points de blocage pour les conducteurs.
Les feux tricolores constituent un outil indispensable pour organiser la circulation à N’Djamena. Cependant, leur efficacité dépend du respect des règles par les usagers et de la continuité de l’alimentation électrique. Sans une prise de conscience des conducteurs et des solutions durables aux coupures de courant, les embouteillages et les risques d’accidents resteront une réalité quotidienne dans la capitale.
Par M.KOUNDE KOI-ASSAL
Photo M.KOUNDE KOI-ASSAL