
Chaque matin, bien avant le lever du soleil, les boulangers s’activent pour mettre du pain sur la table des ménages tchadiens. Célébrée ce 16 octobre, la Journée mondiale du pain met en lumière ces artisans dont le travail quotidien répond à un besoin essentiel, malgré les contraintes liées aux coûts de production.
À N’Djaména, le pain occupe une place importante dans les habitudes alimentaires. Vendu notamment à 100 FCFA l’unité, il accompagne les petits-déjeuners et les repas de nombreuses familles. Derrière ce produit familier se cache pourtant un travail exigeant, qui commence souvent avant l’aube.
Dans les boulangeries, les gestes se répètent chaque jour : préparation de la pâte, pétrissage, façonnage et cuisson. Pour assurer l’approvisionnement des consommateurs, les professionnels doivent respecter des horaires contraignants et maintenir une production régulière. Leur activité contribue également à l’économie locale, à travers les emplois créés et les circuits de distribution vers les quartiers.
Mais exercer ce métier suppose de faire face à plusieurs charges : achat de la farine, de la levure et du combustible, consommation d’électricité et entretien des équipements. Pour les boulangers, l’enjeu consiste à maîtriser ces dépenses tout en proposant un produit de qualité à un prix accessible. Pour les ménages, le pain représente une dépense récurrente qui pèse sur le budget alimentaire.
Instituée par l’Union internationale des boulangers et pâtissiers, la Journée mondiale du pain, célébrée le 16 octobre, vise à valoriser cet aliment ainsi que le savoir-faire des professionnels qui le fabriquent. Elle coïncide avec la Journée mondiale de l’alimentation, une initiative de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), créée en 1979 et célébrée pour la première fois en 1981.
Cette journée rappelle que l’accès à l’alimentation ne se limite pas à la disponibilité des produits sur les marchés. Le pouvoir d’achat, la qualité nutritionnelle et la régularité de l’approvisionnement restent déterminants pour les ménages. Au Tchad, ces enjeux interpellent l’ensemble de la chaîne alimentaire, des producteurs aux transformateurs, jusqu’aux commerçants.
Le développement des filières locales de transformation des céréales pourrait contribuer à diversifier l’offre alimentaire, à soutenir les producteurs et à créer des emplois. Une telle perspective nécessite toutefois des équipements adaptés, un meilleur accompagnement des acteurs et une organisation efficace des circuits d’approvisionnement.
En cette Journée mondiale du pain, rendre hommage aux boulangers revient à reconnaître un métier indispensable à la vie quotidienne. Au-delà du pain vendu chaque matin, leur travail soulève une question essentielle : comment garantir à tous un accès durable à une alimentation de qualité, sans compromettre les revenus de ceux qui la produisent et la distribuent ?
Par YEDANG Viviane