
Dans certains quartiers de la capitale, notamment à Chagoua et Habena, de la fumée se dégage souvent au-dessus des maisons. Derrière ces fours de briques installés à ciel ouvert, plusieurs jeunes essaient de gagner leur vie grâce à la fabrication de briques cuites. Avec du bois, du feu et de la terre argileuse, ils produisent des briques utilisées sur plusieurs chantiers de construction dans la capitale.
Pour de nombreuses familles, cette activité est devenue une importante source de revenus, malgré les fortes chaleurs qui rendent le travail difficile, mais si cette débrouillardise est saluée par certains habitants, elle suscite aussi de nombreuses inquiétudes. À Habena, des riverains dénoncent les fumées qui envahissent parfois les maisons, surtout la nuit. « C’est bien de voir les jeunes travailler, mais la fumée devient difficile à supporter. Parfois, nous ne dormons même pas correctement », confie Mme Ngakoutou Rebeca, qui affirme avoir déjà interpellé les autorités locales.
Au-delà des questions sanitaires, l’installation anarchique des sites de cuisson alimente aussi les tensions, certains habitants accusent les fabricants de briques d’occuper une partie des routes et de compliquer la circulation dans les quartiers. « Je comprends que ces jeunes cherchent à survivre, mais il faut aussi penser aux habitants. Certaines voies sont presque bloquées », explique M. Ziankhibe Florent, résident du quartier.
À Chagoua, Ferdinand, conducteur de moto-taxi, s’inquiète également des conséquences sur la santé. Selon lui, les habitants respirent régulièrement une fumée dont les dangers sont souvent ignorés. Difficultés respiratoires, irritations des yeux et toux persistantes figurent parmi les risques évoqués par les riverains, notamment pour les personnes les plus vulnérables.
Entre nécessité économique et protection de la santé publique, la situation divise les habitants de la capitale, beaucoup reconnaissent le courage et l’esprit d’initiative de ces jeunes, tout en appelant les autorités municipales à mieux encadrer cette activité.
Pour plusieurs riverains, la solution passe par l’aménagement d’espaces dédiés, éloignés des habitations, afin de concilier emploi des jeunes et bien-être des populations.
Par Moustapha KOUNDE.