
La tentative de mutinerie survenue dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey continue de provoquer des remous politiques et diplomatiques. Des tirs avaient notamment été signalés autour de la base aérienne 101, de la présidence et de la télévision nationale.
Le 1er septembre, le capitaine Roger Gabriel, officier du 1er Bataillon parachutiste de Niamey, est intervenu à la télévision nationale nigérienne. Dans son témoignage, il a mis en cause plusieurs acteurs étrangers, citant notamment la France, le Tchad, le Bénin et la Côte d’Ivoire, ainsi que la CEDEAO.
Selon son récit, le capitaine affirme avoir reçu des appels en provenance de plusieurs pays ou territoires dans le contexte des événements. Ces déclarations ont rapidement suscité des réactions, mais aucune preuve indépendante permettant d’établir ces accusations n’a été publiquement produite.
Le 4 septembre, le gouvernement nigérien a officiellement durci le ton. Dans le communiqué du Conseil des ministres, Niamey accuse la France d’être à la tête d’un vaste réseau de connivences ayant, selon les autorités, soutenu la tentative de déstabilisation. La France est ainsi le seul pays nommément désigné dans ce communiqué officiel.
Le même communiqué ne cite pas directement le Tchad, malgré les déclarations antérieures du capitaine Roger Gabriel.
Le 5 septembre, la France a rejeté les accusations de Niamey. Sur RFI, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, les a qualifiées de « pures fantaisies », affirmant que Paris n’avait ni l’intention ni les moyens de soutenir une telle opération.
Du côté tchadien, N’Djamena rejette également toute implication. Le président Mahamat Idriss Déby Itno a notamment appelé à ne pas « mêler le faux à la vérité », un message publié sur sa page Facebook alors que le nom du Tchad circulait dans les accusations du capitaine nigérien.
Le Bénin, également cité dans les déclarations de l’officier, a lui aussi démenti toute implication dans une entreprise de déstabilisation du Niger.
Les différents démentis montrent que les accusations nigériennes ont rapidement pris une dimension diplomatique régionale. Pendant ce temps, les autorités nigériennes poursuivent les investigations.
Les 5 et 6 septembre, des arrestations de militaires et de personnes soupçonnées d’avoir participé ou apporté leur soutien à la mutinerie se sont poursuivies, selon des sources sécuritaires.
Les prochaines investigations devront permettre de déterminer les responsabilités réelles derrière cette tentative de déstabilisation.

Par YEDANG Viviane
Photo crédit Reuters