
Devenue omniprésente, l’Intelligence artificielle (IA) est portée comme un symbole de modernité et de progrès incontournable. Dans certains contextes, l’adoption incontrôlée d’outils comme les générateurs de texte, les résumeurs automatiques ou les assistants de réflexion, peut entraîner un affaiblissement de la capacité d’analyse individuelle, pourtant, l’intellect se forge dans l’effort.
Si nous laissons cet effort à des machines, nous éteignons progressivement notre faculté de penser, de questionner et d’imaginer. Selon l’expert tchadien en IA, Memtingar Djimtahadoum, l’utilisation de l’Intelligence artificielle non maîtrisée, pourrait représenter un risque sérieux pour le développement intellectuel, social et éducatif en Afrique, et particulièrement au Tchad : « l’IA n’est pas le problème, c’est notre passivité face à elle qui l’est, cultiver une intelligence enracinée, celle qui valorise l’effort personnel, le savoir local, et le jugement critique ». À ses yeux, l’Afrique ne doit pas devenir une consommatrice passive d’une technologie pensée ailleurs, mais en faire un levier de libération intellectuelle.
L’authenticité se cultive dans la sueur de la réflexion, et donc la technologie doit nous aider à aller plus loin, pas à penser moins. Un usage grandissant de l’IA comme solution de facilité, notamment chez les jeunes (copiés-collés), une tendance qui laisse entrevoir une crise silencieuse de l’effort et une illusion de compétence. L’expert met également en garde contre le risque de fracture sociale : « Ceux qui maîtrisent l’outil peuvent produire vite et impressionner ; ceux qui ne le comprennent pas deviennent dépendants ou exclus. Cela crée un déséquilibre nouveau entre usagers passifs et dominants numériques ». Il appelle ainsi à une éducation numérique responsable, intégrant l’éthique, la culture critique et l’encadrement académique.


Par ASRA Steve.