
Troisième producteur africain de sésame, le Tchad récolte chaque année plus de 200 000 tonnes de ces petites graines très prisées à l’étranger. Alors que cette culture s’impose comme le deuxième produit d’exportation du pays derrière le coton, les autorités cherchent désormais à valoriser ce potentiel brut pour stimuler l’économie rurale.
Dans la zone soudanienne du Tchad notamment dans les provinces du Moyen-Chari, du Logone Oriental, du Mandoul et du Salamat, la culture du sésame est devenue un pilier économique pour de nombreuses familles d’agriculteurs. Avec une production nationale dépassant les 200 000 tonnes par an, le pays s’est hissé au troisième rang des producteurs du continent africain.
Cette graine bénéficie d’une solide réputation sur le marché international. Très recherchée en Chine, au Japon, en Turquie et dans l’Union européenne, la variété blanche tchadienne démarque par sa teneur en huile élevée (entre 50 % et 55 %) et son profil gustatif, souvent classé parmi les meilleurs au monde pour la fabrication d’huile premium.
Du produit brut à la transformation locale : le pari du PND 2030
Malgré ce succès à l’exportation, l’essentiel de la récolte quitte encore le territoire sous forme de matière brute. Pour capter davantage de valeur ajoutée et diversifier les revenus à l’échelle locale, le Plan National de Développement (PND « Tchad Connexion 2030 ») fixe des objectifs clairs : doubler la production actuelle et structurer une véritable industrie de transformation sur place.
Les investissements annoncés prévoient l’implantation d’huileries modernes, ainsi que le déploiement de centres de stockage et de conditionnement. L’ambition affichée est de commercialiser des produits finis ou semi-finis tels que l’huile de sésame, le tahini ou divers produits dérivés plutôt que de simples graines non transformées.
Vers un meilleur rendement pour les producteurs
Si ces infrastructures voient le jour, la transformation locale pourrait offrir de nouvelles perspectives aux filières de rente tchadiennes. En réduisant la dépendance aux exportations brutes, l’objectif est d’assurer des revenus plus stables aux agriculteurs et de stimuler l’emploi dans les régions rurales.
Le sésame illustre ainsi la volonté du Tchad de moderniser son secteur agricole. La réussite du PND 2030 reposera sur la concrétisation des investissements prévus pour convertir cette ressource naturelle en un levier durable de développement local.
Par WIWA Sidonie