
Du champ aux marchés, en passant par les concessions familiales, le maïs occupe une place de plus en plus importante dans le quotidien des Tchadiens. Facile à cultiver, apprécié pour ses nombreuses utilisations et essentiel à l’alimentation, il s’impose progressivement comme l’une des cultures les plus stratégiques pour la sécurité alimentaire et les revenus des ménages.
Au Tchad, le maïs est bien plus qu’une simple céréale. Cultivé dans presque toutes les provinces, aussi bien dans les champs que dans les jardins des concessions, il accompagne le quotidien de nombreuses familles et contribue à leur alimentation.
Originaire de Sarh, Serata Koi-Assal garde le souvenir des cultures familiales. « Chaque saison des pluies, nous semions le maïs dans la cour de la maison. Il n’est pas nécessaire d’avoir un grand champ pour obtenir une bonne récolte. Chez nous, cela faisait partie de la vie quotidienne et permettait de nourrir toute la famille », raconte-t-elle.
Les principales zones de production se situent notamment dans les régions du Lac, du Chari-Baguirmi, du Mayo-Kebbi et des Logones. Selon les saisons, le maïs est cultivé sous pluie, en décrue ou grâce à l’irrigation, ce qui permet d’en produire une grande partie de l’année.
À Koumra, Yankigam Richard se rappelle que cette culture a marqué son enfance. « Le maïs fait partie de notre identité. Nous en cultivions dans les jardins et, enfants, il nous arrivait même de voler quelques épis chez les voisins. Aujourd’hui encore, ces souvenirs montrent la place qu’il occupe dans notre quotidien », confie-t-il en souriant.
Dans les foyers tchadiens, le maïs est utilisé pour préparer la boule, la bouillie, le couscous, les galettes ou encore consommé griller ou bouilli. Au-delà de l’alimentation, il constitue également une importante source de revenus pour de nombreux producteurs et sert à la fabrication d’aliments destinés à la volaille et au bétail.
Pour Mbaytoumbam Édouard, le maïs est un aliment indispensable. « Il apporte de l’énergie, des vitamines et nourrit toute la famille. Il entre dans la préparation de plusieurs plats et même des farines destinées aux jeunes enfants. C’est un aliment accessible et très apprécié au Tchad », explique-t-il.
Malgré son importance, la filière reste confrontée aux aléas climatiques, au manque de semences améliorées, aux pertes après récolte et aux conflits entre agriculteurs et éleveurs, autant de défis qui limitent encore les rendements.
Présent dans les champs comme dans les concessions familiales, le maïs s’impose aujourd’hui comme une culture essentielle pour le Tchad. Il nourrit les ménages, soutient les revenus des producteurs et participe au renforcement de la sécurité alimentaire du pays.

Par M.KOUNDE KOI-ASSAL
Photo Abakar KOI-ASSAL