Au Tchad, les commerces misent sur des noms venus d’ailleurs pour séduire la clientèle.

De Dubai Business à Queen Shopping, en passant par Beauty Cosmétique, Bar Québec ou Istanbul Shop, les enseignes étrangères sont devenues omniprésentes dans les villes tchadiennes. Derrière ces appellations se cachent des stratégies commerciales, une quête de visibilité et une image de modernité qui séduisent de nombreux commerçants.

À N’Djamena, Moundou, Abéché et dans plusieurs autres villes du pays, il suffit de parcourir quelques rues pour remarquer une tendance bien installée. Boutiques de vêtements, salons de coiffure, magasins de cosmétiques, bars, maquis et restaurants portent très souvent des noms inspirés de villes étrangères ou de mots anglais et français. Ces enseignes sont désormais devenues un élément familier du paysage commercial tchadien.

Pour de nombreux propriétaires, ce choix répond avant tout à un objectif commercial. Une enseigne moderne est souvent perçue comme plus attractive et donne l’impression de proposer des produits de qualité ou des services à la mode. Le nom devient ainsi un véritable outil de communication avant même que le client ne franchisse la porte du commerce.

Au Grand Marché de N’Djamena, Mahamat Tahir, vendeur de téléphones et d’accessoires électroniques, explique pourquoi il a baptisé son magasin Tahir Business. « Cette boutique est le résultat de plusieurs années de travail. J’ai choisi ce nom parce qu’il représente mon activité commerciale et l’image que je veux donner à mon entreprise », confie-t-il.

Même constat chez Remadji Rahama, propriétaire d’une boutique de produits cosmétiques. « Ma boutique s’appelle Beauty Cosmétique. Je reconnais que ce nom n’a pas de signification particulière pour moi, mais les clients sont habitués à ce type d’enseigne. Ce sont des noms qui attirent facilement l’attention et donnent une belle image du commerce », explique-t-elle.

Au-delà de l’aspect esthétique, plusieurs commerçants estiment qu’un nom à consonance internationale inspire davantage confiance et permet de mieux se distinguer de la concurrence. D’autres préfèrent simplement associer leur nom de famille à des termes comme Business, Shop, Fashion ou Cosmétique, devenus très populaires dans le monde des affaires.

Cette tendance ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains estiment qu’elle reflète une ouverture sur le monde et l’évolution du commerce. D’autres regrettent que les langues nationales et les références culturelles tchadiennes soient peu visibles sur les devantures des établissements, alors qu’elles pourraient également contribuer à valoriser l’identité du pays.

Au fil des années, les enseignes étrangères se sont imposées comme une véritable tendance dans les centres commerciaux tchadiens. Entre stratégie de marketing, recherche de prestige et volonté d’attirer la clientèle, elles continuent de façonner l’image des commerces, tout en alimentant le débat sur la place des noms et des langues locales dans l’espace public.

Par WIWA Sidonie

Photo M.KOUNDE KOI-ASSAL

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