
En pleine saison des pluies, les déchets jetés dans les rues et les caniveaux aggravent les risques sanitaires dans plusieurs quartiers. Entre eaux stagnantes, mauvaises odeurs et prolifération des moustiques, l’insalubrité expose davantage les populations aux maladies et relance le débat sur la responsabilité de chacun dans la protection de l’environnement.
Dans plusieurs quartiers de N’Djamena, comme dans d’autres villes du pays, les déchets ménagers continuent de s’accumuler au bord des routes, dans les caniveaux et sur les terrains vagues. Sacs plastiques, emballages, restes alimentaires et autres détritus sont devenus un élément du paysage urbain, au détriment de la propreté et de la qualité de vie.
En cette période de fortes pluies, la situation devient encore plus préoccupante. Les eaux de ruissellement entraînent les ordures dans les caniveaux, les bouchent et provoquent des stagnations d’eau dans plusieurs quartiers. Sous l’effet de la chaleur, les déchets en décomposition dégagent des odeurs parfois insupportables, tandis que les eaux souillées favorisent la prolifération des moustiques, des mouches et des rongeurs, augmentant ainsi les risques de maladies comme le paludisme, les diarrhées et d’autres infections liées à un environnement insalubre.
Pour Béré Olivier, coordinateur de Green Team Tchad, la protection de l’environnement passe avant tout par un changement de comportement.
« Nous constatons chaque jour les effets de la dégradation de notre environnement. Avec les pluies, les conséquences deviennent encore plus visibles. Sensibiliser les jeunes et les adultes à l’éco-citoyenneté est devenu une priorité. Sauver notre environnement commence dans chaque foyer et dans chaque école. Chaque geste compte pour construire un Tchad plus propre et plus résilient. »
Même constat pour Achta Marabeye, qui estime que les citoyens ont une responsabilité directe dans cette situation.
« Honnêtement, c’est nous-mêmes qui détruisons notre environnement. Nous devons arrêter de jeter les ordures dans les rues, dans les quartiers ou le long des routes. La mairie a installé des poubelles dans plusieurs endroits, mais nous devons apprendre à les utiliser pour garder notre ville propre. »
De son côté, Alibaba Koubou appelle la population à commencer par changer ses propres habitudes.
« La propreté commence chez nous. Si chacun entretient sa maison, sa cour et son quartier, notre ville sera plus propre. Tant que nous continuerons à jeter les déchets partout, nous ne pourrons jamais vivre dans un environnement sain. Quand on circule aujourd’hui dans certains quartiers, voir les ordures entassées au bord des routes ne donne pas une bonne image de notre ville. C’est à chacun de faire un effort. »
Au-delà de l’aspect esthétique, les spécialistes rappellent qu’un environnement propre est un facteur essentiel de prévention des maladies. Une meilleure gestion des déchets, associée à une prise de conscience citoyenne, permettrait de réduire les risques sanitaires, particulièrement durant la saison des pluies où l’insalubrité s’aggrave rapidement.
En pleine saison des pluies, chaque déchet abandonné dans la rue peut devenir une source de pollution et un danger pour la santé. Si les pouvoirs publics ont un rôle important à jouer dans la collecte et l’assainissement, la propreté des villes dépend également des gestes quotidiens des citoyens. Préserver l’environnement, c’est aussi protéger la santé de tous.
Par FIGNAL DOSSOL Franck