
Chanteuse et hôtesse de l’air, Audrey Lynda Shey, de son vrai nom Audrey Djendangdé, s’est imposée au début des années 2000 dans le paysage de la musique contemporaine tchadienne. Avec ses albums Et les gosses ? et À qui le profit ?, elle a développé un répertoire mêlant rap, afro-pop, R&B, reggae et sonorités électroniques, tout en accordant une place importante aux sujets sociaux.
Son histoire avec la musique commence dès l’enfance. Issue d’une famille d’artistes, Audrey Lynda Shey chante dès l’âge de neuf ans dans la chorale de la paroisse du Sacré-Cœur. Cette première expérience lui permet de découvrir la scène et nourrit progressivement son intérêt pour la création musicale.
À l’adolescence, elle poursuit son parcours artistique et participe notamment à la création du groupe Les Ridikul. Mais son projet professionnel ne se limite pas à la musique. En 2001, elle réussit un test pour devenir hôtesse de l’air et part suivre une formation aux Pays-Bas. Elle choisit ainsi de construire parallèlement une carrière dans l’aviation et une activité artistique.
En août 2005, elle franchit une étape importante avec la sortie de son premier album, Et les gosses ?. Le projet compte huit titres et contribue à installer son nom dans la scène musicale tchadienne. Parmi les morceaux associés à cette période figurent « Et les gosses ? », « Flora », « Dream Team », enregistré avec Gladiator, « Salaam » et « R2A ».
Le titre « Et les gosses ? » reste le morceau le plus étroitement associé à son parcours. Consacrée à la situation des enfants vulnérables et des enfants de la rue au Tchad, la chanson porte un message social qui dépasse le simple cadre musical. Son engagement en faveur de la protection de l’enfance contribue également à son association avec SOS Villages d’Enfants, dont elle devient ambassadrice itinérante.
Musicalement, Audrey Lynda Shey évolue entre plusieurs influences. Rap, R&B, afro-pop, reggae, ragga et musique électronique se retrouvent dans son univers. Elle cite notamment la chanteuse béninoise Angélique Kidjo parmi ses références.
Après son premier album, elle poursuit ses prestations au Tchad et à l’étranger. Elle effectue notamment une tournée nationale en 2007 et se produit à Paris, tout en continuant à développer son activité professionnelle dans l’aviation.
En 2012, elle publie son deuxième projet, À qui le profit ?. L’album audiovisuel compte 15 titres. Parmi les morceaux référencés figurent « Dja Ndam Bbi », « Superstar », « Température », « Bats-toi », « Et les gosses » et « Stop Palu ». Les informations disponibles publiquement ne permettent cependant pas de confirmer avec certitude l’ensemble des titres du projet.
Avec cette deuxième production, l’artiste poursuit son approche musicale et sociale, en abordant notamment les inégalités et certaines réalités de la société. Son univers s’ouvre davantage aux sonorités africaines, au hip-hop, aux influences antillaises et à l’électro.
Après À qui le profit ? sa présence dans l’actualité musicale devient progressivement plus discrète. Son activité dans l’aviation prend une place importante dans son parcours, même si elle continue à entretenir un lien avec la musique. En 2016, alors installée aux États-Unis, elle indiquait encore poursuivre cette activité artistique.
Aujourd’hui, son nom reste principalement associé à ses deux albums et particulièrement à « Et les gosses ? », chanson qui demeure le principal repère de son parcours auprès de son public. À travers ce titre, elle a également laissé une trace dans une période où les artistes tchadiens exploraient de nouvelles formes d’expression et où les femmes occupaient encore une place limitée dans la scène musicale contemporaine.
Entre les chorales de son enfance, les groupes musicaux, les studios d’enregistrement, les scènes nationales et internationales et son métier dans l’aviation, Audrey Lynda Shey a construit un parcours situé entre plusieurs univers.
Près de vingt ans après la sortie de Et les gosses ? son parcours rappelle une période importante de l’évolution de la musique tchadienne. Son titre phare continue de porter le souvenir d’une artiste qui avait choisi de faire de la musique également un moyen de parler des réalités de son époque.

Par M.KOUNDE KOI-ASSAL