
Cultivée dans les cours des maisons ou les jardins, la plante communément appelée « nivaquine » continue d’être utilisée par de nombreuses familles tchadiennes pour soulager certains maux du quotidien. Si ses feuilles occupent une place importante dans la médecine traditionnelle, les professionnels de santé rappellent qu’elles ne remplacent pas les traitements médicaux.
Dans plusieurs localités du Tchad, il n’est pas rare de voir la plante appelée « nivaquine » pousser dans les concessions familiales. Facile à cultiver à partir de sa tige, elle est entretenue par de nombreuses familles qui l’utilisent comme remède traditionnel. Les feuilles sont généralement bouillies dans de l’eau avant d’être consommées, notamment pour soulager certains troubles digestifs selon les habitudes locales.
Pour Marthe Koi-Assal, cette plante fait partie des remèdes transmis au sein de la famille.
« À la maison, il m’arrive de me soigner avec les feuilles de nivaquine. C’est ma grande sœur qui l’avait plantée dans notre cour et cette plante nous a souvent été utile. Quand j’ai des maux de ventre, je fais bouillir les feuilles et je bois l’infusion. C’est amer, mais cela me soulage », raconte-t-elle.
Même constat pour Kamdar Nouba, qui reste convaincu de l’importance des plantes médicinales dans les traditions africaines.
« Notre pays possède une grande richesse naturelle. Nous avons beaucoup d’arbres, de racines et de feuilles qui sont utilisés depuis longtemps pour soigner certaines maladies. À la maison, j’utilise souvent des produits à base de plantes que l’on m’envoie du village. La nivaquine fait aussi partie des plantes qui nous rendent service au quotidien », explique-t-il.
Si ces témoignages montrent la place qu’occupent les plantes médicinales dans les habitudes de nombreuses familles, les médecins invitent toutefois à la prudence.
Le Dr Zakaria Seid ALLAHTIF rappelle que les remèdes traditionnels peuvent accompagner la prévention ou soulager certains troubles légers, mais qu’ils ne remplacent pas les médicaments prescrits.
« Les plantes médicinales peuvent être utiles pour prévenir certains problèmes de santé ou soulager des troubles légers, mais elles ne remplacent pas les médicaments prescrits pour traiter les maladies graves ou les urgences. Beaucoup pensent que tout ce qui est naturel est sans danger, pourtant certaines plantes peuvent être toxiques ou interagir avec des traitements médicaux. Avant de prendre un remède traditionnel ou à base de plantes, il est toujours préférable de demander l’avis d’un professionnel de santé. L’objectif n’est pas d’opposer médecine moderne et phytothérapie, mais de les utiliser de manière complémentaire lorsque cela est approprié », précise-t-il.
Au Tchad, la « nivaquine » demeure ainsi une plante largement connue et utilisée dans plusieurs familles. Si elle continue d’occuper une place importante dans les pratiques traditionnelles, son utilisation doit rester prudente et, en cas de maladie ou de symptômes persistants, s’accompagner des conseils d’un professionnel de santé afin de garantir une prise en charge adaptée.
Par M.KOUNDE KOI-ASSAL
Photo M.KOUNDE KOI-ASSAL