
La baisse des précipitations commence à susciter des inquiétudes sur la campagne agricole au Tchad. Ce mardi 15 septembre 2026, le président de la République, chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, s’est rendu à l’entrepôt de l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA). Une visite qui intervient dans un contexte où l’évolution des récoltes et le niveau des réserves céréalières retiennent particulièrement l’attention.
Au-delà de cette visite, une question se pose : le pays dispose-t-il de réserves suffisantes pour faire face à une éventuelle baisse de la production ? L’état des stocks constitue en effet un indicateur important pour anticiper les tensions sur les marchés et limiter les risques de rupture d’approvisionnement.
Des pluies qui inquiètent
Au Tchad, la campagne agricole reste fortement dépendante de la pluviométrie. Une saison des pluies insuffisante ou irrégulière peut rapidement affecter les rendements, avec des conséquences qui dépassent largement les zones rurales.
Une baisse de la production céréalière peut fragiliser les revenus des agriculteurs, affecter les éleveurs et réduire la disponibilité des principales denrées. Pour les ménages, notamment les plus vulnérables, la conséquence peut être directe : une hausse des prix et une pression accrue sur les dépenses quotidiennes.
Les réserves au cœur de la vigilance
La visite de l’ONASA apparaît dans ce contexte comme un signal de vigilance. Le suivi des stocks doit permettre d’évaluer la capacité du pays à répondre à une éventuelle diminution de l’offre céréalière.
Mais disposer de réserves ne suffit pas. Leur quantité, leur qualité, leur répartition et leur accessibilité sont autant d’éléments déterminants. Des stocks importants, s’ils ne sont pas disponibles dans les zones qui en ont le plus besoin, ne permettent pas à eux seuls de prévenir une crise alimentaire.
La capacité de l’État à réagir rapidement sera également déterminante. En cas de déficit agricole, l’approvisionnement, la distribution et le soutien aux zones les plus exposées devront être adaptés à la situation sur le terrain.
Des conséquences jusque dans les marchés
Une mauvaise campagne agricole ne se limite pas aux champs. Ses effets peuvent rapidement se répercuter sur les marchés et les foyers.
Lorsque l’offre diminue, les prix des céréales peuvent subir des pressions. Pour les familles, cela signifie une augmentation possible du coût de l’alimentation et une réduction du pouvoir d’achat. Dans les zones rurales, la baisse des récoltes peut également réduire les revenus et accroître la vulnérabilité des ménages.
Cette situation met une nouvelle fois en évidence la dépendance du système alimentaire tchadien aux conditions climatiques. Les variations de la pluviométrie peuvent ainsi avoir des répercussions agricoles, économiques et sociales.
Anticiper plutôt que subir
À plus long terme, la question est celle de la résilience du système alimentaire. Le renforcement des capacités de stockage, l’amélioration des infrastructures, le développement de l’irrigation et la valorisation des productions locales figurent parmi les pistes permettant de réduire la dépendance aux aléas climatiques.
La surveillance des stocks doit donc aller de pair avec celle des cultures, des précipitations et des prix sur les marchés.
La visite présidentielle à l’ONASA intervient ainsi à un moment où plusieurs indicateurs méritent une attention particulière. Dans les prochaines semaines, l’évolution des pluies, l’état des cultures, le niveau des réserves et les prix des céréales permettront de mieux mesurer l’ampleur du risque.
Car face à une éventuelle baisse de la production, l’enjeu ne sera pas seulement de constater le déficit pluviométrique. Il sera surtout de prévenir ses conséquences sur l’approvisionnement et sur les ménages.

Par YEDANG Viviane
Photo crédit page présidentielle et ONASA