photo prise de la viande de poulet dans la main d’une personne

À N’Djamena, le poulet de chair coûte désormais jusqu’à 4 000 FCFA dans certains points de vente, contre 2 750 à 3 000 FCFA auparavant, selon des consommateurs interrogés. Une hausse qui alourdit le budget des ménages et soulève une question au cœur de la filière avicole : qui bénéficie réellement de l’augmentation du prix payé par le consommateur ?
Dans les marchés et les commerces de la capitale, la hausse des prix s’installe dans les habitudes de consommation. Alimentation, transport et produits de première nécessité pèsent davantage sur les budgets familiaux. Le poulet de chair n’échappe pas à cette tendance.
Pour Dame Koutou, la hausse est devenue difficile à absorber. « J’achetais le poulet de chair entre 2 750 et 3 000 francs. Aujourd’hui, il faut prévoir 4 000 francs. Pour ma famille, j’ai décidé de retirer le poulet de nos menus », témoigne-t-elle.
À 4 000 FCFA l’unité, le même panier coûte désormais 20 000 FCFA pour cinq poulets, contre environ 15 000 FCFA auparavant. Soit 5 000 FCFA supplémentaires pour une quantité identique. Pour les ménages aux revenus limités, cette différence peut suffire à modifier les habitudes alimentaires.
Des vendeurs qui subissent aussi la hausse
Si le consommateur paie davantage, les vendeurs ne sont pas nécessairement les principaux bénéficiaires de cette augmentation. Plusieurs commerçants interrogés expliquent que leur prix d’achat a lui-même augmenté. Ils répercutent donc une partie de cette hausse afin de préserver leur activité.
Derrière le prix affiché au marché se trouve en effet une chaîne de dépenses. Pour l’éleveur, il faut financer les poussins, l’alimentation, les médicaments, les équipements, la main-d’œuvre et l’entretien des installations. À cela s’ajoutent le transport et, selon les circuits, les marges des grossistes et des revendeurs.
Une augmentation du prix final peut ainsi être le résultat de plusieurs hausses successives plutôt que d’une seule marge supplémentaire réalisée par le dernier vendeur.
Où se trouve réellement la valeur ?
C’est toute la chaîne de valeur de la filière avicole qui mérite d’être examinée. Entre le producteur et le consommateur, plusieurs intermédiaires peuvent intervenir : transporteur, grossiste, distributeur ou revendeur.
Lorsque le poulet passe, par exemple, de 3 000 à 4 000 FCFA, la question n’est donc pas seulement de savoir qui vend plus cher, mais de déterminer comment se répartissent ces 1 000 FCFA supplémentaires.
Quelle part revient à l’éleveur ? Combien représentent les coûts d’alimentation et de transport ? Quelle marge conserve chaque intermédiaire ? Et surtout, quelle évolution du prix est réellement liée aux coûts de production ?
Sans données précises sur ces différents maillons, il reste difficile d’identifier le principal bénéficiaire de la hausse.
Le consommateur, dernier maillon, premier impacté
Pour les ménages, en revanche, l’effet est immédiat. Lorsque les revenus ne progressent pas au même rythme que les prix, le pouvoir d’achat se contracte. Les familles doivent réduire les quantités, changer de produits ou supprimer certains aliments du menu.
Le poulet, autrefois accessible à certaines familles, peut ainsi devenir un produit occasionnel. Cette situation illustre une réalité plus large : derrière chaque hausse de prix se trouve une conséquence directe sur les choix alimentaires et les dépenses quotidiennes des ménages.
Produire localement pour réduire certains coûts
La question du prix du poulet renvoie également aux conditions de production. Le développement de la filière pourrait passer par un meilleur accès aux aliments pour volailles, aux poussins, aux produits vétérinaires et aux équipements. Une meilleure organisation des éleveurs et des circuits de distribution plus courts pourrait également limiter certains coûts intermédiaires.
L’enjeu dépasse donc le simple prix affiché sur les étals. Il s’agit de comprendre comment la valeur est créée, comment elle est répartie et à quel niveau les coûts deviennent suffisamment élevés pour faire grimper le prix final.
À 4 000 FCFA le poulet, le consommateur constate la hausse. Mais pour comprendre véritablement cette flambée, il faut regarder au-delà du marché : remonter toute la chaîne, du poussin à l’assiette, pour savoir qui paie, qui gagne et où se concentre réellement la valeur.
Des poulets emballés dans des sachets en plastique sont exposés sur un étal au marché.

Par YEDANG Viviane
les images ne m’appartient pas.