Tchad : entre promesses politiques et réalités quotidiennes, l’attente grandit.

Au Tchad, les annonces et les engagements en faveur du développement se succèdent, tandis que dans les quartiers, les préoccupations restent très concrètes. Emploi, état des routes, coût de la vie et accès aux services publics alimentent une attente de plus en plus tournée vers des résultats visibles.

Les discours politiques occupent régulièrement l’espace public, avec des promesses d’amélioration dans plusieurs secteurs. Pourtant, pour une partie de la population, la réalité se mesure surtout aux changements observés au quotidien.

Dans les quartiers de N’Djamena, certains habitants disent notamment faire face aux mêmes difficultés chaque année. En saison des pluies, des jeunes tentent eux-mêmes de rendre certaines voies praticables, faute de solutions durables.

« Nos jeunes dans les quartiers font de leur mieux pour arranger les routes pendant la saison des pluies. L’État nous fait des promesses, mais rien ne change. Chaque année, nous retrouvons les mêmes problèmes », témoigne Malik Mahamat.

L’emploi et la place des jeunes dans la vie professionnelle constituent une autre préoccupation. Pour certains, le renouvellement des générations dans la fonction publique reste insuffisant et limite les possibilités d’insertion professionnelle.

NELDI Jacque estime que cette situation pose la question de l’intégration des jeunes. « Il y a toujours des personnes âgées dans la fonction publique. Ce n’est pas de leur faute, c’est au gouvernement de penser au renouvellement. Si les jeunes ne trouvent pas leur place, comment allons-nous avancer ? », affirme-t-il, tout en reconnaissant que l’expérience des anciens restes importante.

D’autres témoignages expriment des frustrations plus larges sur la question du partage des opportunités et de la représentation des différentes communautés dans le pays. YANKINGAM Viviane, pour sa part, avance une opinion personnelle particulièrement radicale sur cette question, allant jusqu’à évoquer une séparation du pays entre le Nord et le Sud selon les appartenances religieuses. Elle estime que la répartition des responsabilités publiques devrait être davantage équilibrée, tout en soulignant également les qualités de solidarité et de générosité qu’elle associe à la communauté musulmane.

Ces témoignages, parfois divergents, traduisent surtout des perceptions individuelles face aux difficultés sociales et au sentiment d’inégalité exprimé par certains citoyens. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de tirer des conclusions générales sur la répartition des postes publics ou sur les relations entre communautés.

Au-delà des opinions, la question centrale reste celle de l’efficacité de l’action publique. Une promesse politique peut susciter l’espoir, mais c’est sa réalisation qui permet d’en mesurer la portée. Pour les citoyens, les routes entretenues, les emplois créés, les services améliorés et les solutions apportées aux difficultés quotidiennes constituent les signes les plus concrets du changement.

Le défi pour les autorités consiste donc à transformer les engagements en actions suivies et mesurables, tout en répondant aux attentes d’une jeunesse qui souhaite davantage participer à la construction du pays.

Au bout du compte, les témoignages recueillis dans les quartiers montrent une population qui attend surtout des réponses concrètes à ses difficultés. Entre les promesses annoncées et les réalités vécues, une question demeure : le Tchad parviendra-t-il à transformer les attentes de ses citoyens en résultats visibles et durables ?

Par DIONMAYE Jonathan

Photo M.KOUNDE KOI-ASSAL

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *