Tchad : quand le pétrole ne suffit pas à sortir de la pauvreté

Vingt ans après le début de l’ère pétrolière, la promesse de prospérité liée à l’or noir peine à se concrétiser pour la majorité des Tchadiens. Entre volatilité des cours, faible création d’emplois et manque de diversification, le pays fait face au paradoxe d’une ressource abondante qui ne suffit pas à faire faiblir la pauvreté.

En l’an 2003, l’entrée du Tchad dans le cercle des producteurs de pétrole a suscité un immense espoir. La population attendait de ces nouveaux revenus des routes, des hôpitaux, des écoles et des emplois. Plus de deux décennies plus tard, le constat est mitigé : si l’or noir domine largement les exportations et les recettes publiques, il n’a pas apporté la prospérité partagée.

Selon la Banque mondiale et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), cette situation s’explique par la nature même de cette industrie. Secteur très capitalisé et hautement technique, le pétrole génère d’importants revenus mais très peu d’emplois direct pour les habitants. À cela s’ajoute une vulnérabilité financière aiguë. Comme l’a révélé la chute des cours mondiaux de 2014, les finances de l’État subissent de plein fouet les fluctuations des prix du brut.

Face à des gisements qui arrivent progressivement à maturité et à l’épuisement inéluctable des réserves, plusieurs institutions internationales, dont le FMI, appellent à réorienter les gains pétroliers. L’enjeu prioritaire consiste à financer l’économie non pétrolière : l’agriculture, l’élevage, l’énergie, l’industrie locale et la formation de la jeunesse.

L’enjeu pour le Tchad réside désormais dans sa capacité à convertir une rente souterraine temporaire en infrastructures durables et en services publics performants.

Le défi économique du pays ne consiste plus seulement à extraire du brut, mais à transformer les recettes financières d’aujourd’hui en opportunités de développement pour les générations futures.

Par: YEDANG Viviane

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *