
Autrefois porté avec discrétion, le baya (soucsouc), ou perles de taille, est aujourd’hui de plus en plus visible dans les lieux publics. Au Tchad, cette pratique, adoptée par certaines jeunes filles sous l’influence de la mode et des réseaux sociaux, alimente un débat sur l’évolution des comportements, le respect des valeurs culturelles et les limites de la pudeur dans l’espace public.
Longtemps considéré comme un symbole de féminité, le baya (soucsouc) appartenait à la sphère privée. Dans de nombreuses familles, il n’était pas destiné à être montré, cette discrétion faisait partie des règles de bienséance transmises de génération en génération et participait à l’éducation des jeunes filles.
Aujourd’hui dans les rues, les établissements scolaires ou sur les réseaux sociaux, certaines jeunes filles laissent volontairement apparaître leurs perles de taille. Pour les unes, il s’agit d’un choix esthétique ou d’une manière d’affirmer leur style. Pour d’autres, cette pratique reflète l’influence grandissante des tendances vestimentaires et des contenus diffusés en ligne. Cette évolution divise l’opinion. Des parents, des éducateurs et des leaders communautaires estiment que l’exposition du baya marque un éloignement des usages traditionnels. À leurs yeux, un accessoire autrefois réservé à l’intimité est désormais banalisé, au risque d’affaiblir certains repères culturels.
En sociologie, un comportement est qualifié de déviance lorsqu’il s’écarte des normes admises par une société, sans être nécessairement contraire à la loi. Dans ce contexte, la visibilité du baya nourrit les échanges sur la transformation des références sociales et sur les conséquences des nouvelles influences culturelles. D’autres observateurs rappellent toutefois que les sociétés évoluent continuellement et que les pratiques culturelles se transforment avec les générations. Ils considèrent que cette évolution traduit de nouvelles formes d’expression, tout en reconnaissant l’importance de préserver les valeurs qui constituent l’identité culturelle. Au-delà d’un simple accessoire de mode, le baya est devenu le reflet d’un changement des comportements.
Par SOLOUMTA Abigael.