
Longtemps resté discret, le volley-ball tchadien s’impose peu à peu parmi les disciplines qui portent les couleurs du pays sur la scène africaine. Derrière cette progression se trouvent des joueurs engagés, des expatriés qui reviennent défendre le drapeau national et une équipe qui poursuit son ascension, souvent loin des projecteurs et avec un soutien encore insuffisant.
Alors que le football concentre l’essentiel de l’attention des supporters, une autre discipline construite progressivement son histoire. Depuis plusieurs années, l’équipe nationale masculine de volley-ball enchaîne les performances encourageantes. Septième du Championnat d’Afrique en 2019 puis de nouveau en 2023, quart de finaliste des Jeux africains en 2024, les Sao se sont qualifiés pour le Championnat d’Afrique des Nations 2026 prévu à Kinshasa, une compétition qui ouvrira également la voie aux qualifications pour le Mondial 2027 et les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le résultat d’un travail mené depuis plusieurs saisons par la Fédération tchadienne de volley-ball, les entraîneurs et des joueurs qui, malgré des moyens limités, continuent de progresser. Aujourd’hui, plusieurs internationaux évoluent à l’étranger, principalement au Cameroun, où le niveau du championnat leur permet d’acquérir davantage d’expérience.
Parmi eux figure Oumar Adoum Mogobaye, réceptionneur-attaquant, considéré comme l’un des jeunes talents de la sélection. Il évolue dans le championnat camerounais avant de rejoindre régulièrement les Sao lors des stages de préparation. À ses côtés, Habib Rarissingar, également réceptionneur-attaquant, apporte son expérience acquise à l’extérieur. D’autres internationaux comme Nouba Asra, Saphia Nene ou encore Ngrayara Nouba poursuivent également leur progression hors du pays avant de retrouver la sélection nationale.
Depuis plusieurs semaines, ces joueurs sont regroupés à N’Djamena pour préparer le rendez-vous continental. Les séances d’entraînement se multiplient afin d’améliorer les automatismes et d’intégrer progressivement les joueurs revenus de leurs clubs étrangers. L’objectif est de permettre au Tchad de confirmer sa progression face aux meilleures nations africaines.
Pourtant, cette évolution reste peu connue du grand public. Contrairement à d’autres disciplines, le volley-ball attire rarement les foules, bénéficie d’une faible couverture médiatique et suscite peu de mobilisation autour de ses compétitions nationales. Beaucoup de Tchadiens découvrent encore les performances des Sao uniquement lors des grandes compétitions africaines.
Cette faible visibilité contraste pourtant avec les efforts consentis par les joueurs. Certains poursuivent leur carrière loin de leurs familles pour continuer à progresser, tandis que d’autres reviennent systématiquement répondre à l’appel de la sélection nationale. Tous partagent la même ambition : faire exister le volley-ball tchadien sur la scène continentale.
Au-delà des résultats sportifs, cette progression pose une question plus large. Une discipline peut-elle continuer à grandir sans véritable reconnaissance populaire ? Les performances des Sao montrent que le talent existe. Mais pour franchir un nouveau cap, le volley-ball tchadien aura besoin d’un accompagnement plus fort, d’une meilleure médiatisation et d’un soutien accru des institutions, des partenaires et du public. Car derrière cette équipe qui avance avec discrétion se cache peut-être l’une des plus belles réussites du sport tchadien de ces dernières années.

Par M.KOUNDE KOI-ASSAL