
Au marché de Dembé, à N’Djamena, faire ses achats peut parfois tourner au cauchemar. Entre vols à la tire, arrachages de sacs et escroqueries lors de l’achat de téléphones d’occasion, de nombreux clients disent avoir été victimes de personnes mal intentionnées qui profitent de la foule pour agir en toute discrétion.
Le marché de Dembé est l’un des plus grands centres commerciaux de N’Djamena. Chaque jour, des milliers de personnes s’y rendent pour acheter des vêtements, des chaussures, des appareils électroniques ou encore des produits alimentaires. Mais derrière cette forte affluence se cache une réalité qui inquiète de nombreux usagers : les cas de vols et d’escroqueries continuent d’y être signalés.
Dans les allées bondées du marché, les voleurs profitent de la distraction des clients pour agir. Téléphones, argent, portefeuilles, sacs à main ou bijoux figurent parmi les objets les plus ciblés. Plusieurs victimes racontent avoir constaté la disparition de leurs effets personnels seulement après avoir quitté les lieux, sans avoir remarqué le moment où le vol s’est produit.
C’est le cas d’Ahmat Abdallah, qui garde un mauvais souvenir de son passage au marché.
« Je suis Ahmat Abdallah. Une fois, je me rappelle que je suis venu au marché ici pour chercher les chaussures de la fête de Ramadan et j’avais mon téléphone dans ma poche. J’avais fini de faire le marché et je rentrais. Une fois dehors du marché, je voulais faire sortir mon téléphone de la poche et, à ma grande surprise, mon téléphone avait disparu. Vraiment, je ne sais pas comment ils ont fait, mais je tire chapeau aux voleurs de Dembé. »
Pour d’autres, les conséquences sont encore plus lourdes. Dénénodji Jessica raconte avoir perdu son sac à main en pleine foule.
« Moi, c’est mon sac à main qui a été arraché. J’avais de l’argent, mon téléphone ainsi que mes pièces d’identité à l’intérieur. Ce qui est bizarre, c’est que quand tu cries « au voleur », personne ne réagit. C’est comme si certains étaient complices », ajoute-t-elle.
Au-delà des vols, plusieurs clients dénoncent également des cas d’escroquerie, notamment dans le commerce des téléphones d’occasion. Des individus parviennent à convaincre des acheteurs grâce à des appareils qui semblent fonctionner normalement avant de procéder à un échange discret. À la place d’un véritable téléphone, la victime repart parfois avec une coque vide ou un appareil contenant du savon ou d’autres objets destinés à lui donner du poids.
Oumar Korbor raconte avoir vécu cette mésaventure.
« Une fois, j’étais venu acheter un téléphone d’occasion, ce qu’on appelle ici un téléphone « comme neuf ». J’ai croisé un gars qui est venu vers moi avec un téléphone Samsung qui fonctionnait bien. J’ai pris le téléphone en main, je l’ai vérifié et tout marchait normalement. Il a repris le téléphone, nous avons discuté du prix et, à la fin, nous sommes tombés d’accord. Je lui ai remis l’argent, il m’a remis le téléphone et il est parti. En marchant, j’ai voulu rallumer le téléphone, mais il refusait de s’allumer. Un autre gars s’est approché de moi, il a pris le téléphone, a retiré l’écran et là, j’ai découvert qu’il y avait du savon à l’intérieur. Je me suis mis à rire et je lui ai demandé pourquoi il ne m’avait pas prévenu s’il savait cela depuis le début », raconte-t-il.
Ces témoignages rappellent que les voleurs et les escrocs profitent souvent de la forte affluence du marché pour repérer leurs victimes. Les heures de grande fréquentation, les mouvements de foule et l’inattention des clients facilitent leurs agissements. Face à cette situation, plusieurs habitués du marché recommandent de garder ses objets de valeur dans des endroits sécurisés, de rester vigilant lors des achats et d’éviter de conclure des transactions avec des vendeurs inconnus en dehors des boutiques reconnues.
Malgré son importance économique et son rôle central dans le commerce de la capitale, le marché de Dembé reste confronté au défi de l’insécurité. Pour de nombreux clients, un renforcement de la surveillance et une plus grande vigilance de chacun seraient nécessaires afin que les achats puissent se faire dans un climat de confiance et de sécurité.
Par M.KOUNDE KOI-ASSAL