
Depuis la tenue des élections au Cameroun, la fermeture des frontières avec les pays voisins, notamment le Tchad, bouleverse les échanges commerciaux dans la région. En cause : les manifestations de l’opposition camerounaise qui ont poussé les autorités à renforcer la sécurité aux postes frontaliers.
Mais cette situation pèse lourdement sur l’économie tchadienne. Dépendant en grande partie des importations en provenance du Cameroun, le Tchad commence à ressentir les effets directs de cette paralysie frontalière.
« Certains produits commencent à manquer, et si rien ne change d’ici peu, la situation risque de devenir critique », alerte Abel Kader, vendeur de produits pharmaceutiques. « Il faut que les forces de l’ordre soient déployées pour permettre le passage des marchandises. »
Sur les marchés de N’Djamena, la tension monte également chez les vendeurs de fruits et légumes.
« C’est devenu difficile d’avoir des fruits ces derniers temps. Le peu qu’on trouve est très cher et les clients ne sont pas contents », confie Remadji Eliane, vendeuse au marché de Dembé. « Ce commerce, c’est notre seule source de revenu pour nourrir nos enfants. Nous demandons aux autorités camerounaises de trouver un terrain d’entente. »
Même constat dans les boutiques où les rayons commencent à se vider.
« Nous avons du mal à nous approvisionner. Nous espérons que les deux gouvernements vont vite trouver une solution », lance Yacoub Mahamat, boutiquier à N’Djamena.
Alors que la frontière demeure fermée, les acteurs économiques tchadiens redoutent une flambée des prix et une pénurie prolongée. Tous espèrent un retour rapide à la normale afin de relancer les échanges transfrontaliers vitaux pour les deux pays.

Par ALLAHIGAM Lydie.