Dengue au Tchad : vigilance face à une maladie qui peut devenir grave.

 La dengue est désormais signalée dans quatre zones du Tchad, dont N’Djamena, selon le ministère de la Santé publique et de la Prévention. Transmise par les moustiques, cette maladie peut provoquer de graves complications. Reconnaître les symptômes, éviter l’automédication et éliminer les eaux stagnantes sont essentiels pour limiter les risques.

La fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires ne doivent pas être systématiquement attribués au paludisme. Au Tchad, la dengue appelle également à la vigilance. Dans un communiqué daté du 3 octobre 2026, le ministère de la Santé publique et de la Prévention a signalé des cas dans les provinces du Ouaddaï, du Wadi Fira et du Sila, ainsi qu’à N’Djamena. Les autorités sanitaires recommandent aux personnes présentant des symptômes suspects de se rendre dans un établissement de santé pour bénéficier d’un diagnostic et d’une prise en charge adaptés.

Un moustique à l’origine de la transmission

La dengue est une infection virale principalement transmise à l’être humain par la piqûre d’un moustique femelle infecté, notamment de l’espèce Aedes aegypti. Contrairement aux moustiques généralement associés au paludisme, celui-ci pique surtout pendant la journée, avec des périodes d’activité importantes le matin et en fin d’après-midi.

Ce moustique se reproduit dans les récipients contenant de l’eau, même en petite quantité. Les seaux, les bidons, les jarres, les canaris, les pneus usagés et les déchets capables de retenir l’eau peuvent ainsi devenir des lieux de reproduction autour des habitations. Dans les quartiers où l’eau est stockée dans des récipients ouverts, ces conditions peuvent favoriser sa prolifération.

La dengue ne se transmet généralement pas directement d’une personne à une autre. Toutefois, un moustique peut piquer une personne infectée, acquérir le virus, puis le transmettre à d’autres personnes. C’est pourquoi la protection des malades contre les piqûres contribue aussi à limiter la circulation du virus dans la communauté.

Des symptômes qui peuvent ressembler au paludisme

Les manifestations de la dengue apparaissent généralement entre quatre et dix jours après la piqûre d’un moustique infecté. La maladie peut se présenter sous une forme légère, mais certaines infections évoluent vers des complications sévères.

Les symptômes les plus fréquents sont une fièvre élevée et brutale, de forts maux de tête, des douleurs derrière les yeux, des douleurs musculaires et articulaires, une fatigue importante, des nausées, des vomissements et parfois des éruptions cutanées.

Ces signes pouvant ressembler à ceux d’autres maladies fébriles, notamment le paludisme, il est difficile de distinguer la dengue sur la seule base des symptômes. Une consultation médicale est donc nécessaire et un test peut être demandé pour confirmer le diagnostic. L’automédication risque de retarder une prise en charge appropriée.

Quand la fièvre baisse, le danger peut persister

L’un des aspects les plus préoccupants de la dengue sévère est que les complications peuvent survenir au moment où la fièvre commence à diminuer. Une baisse de température ne signifie donc pas toujours que le malade est en voie de guérison.

Des douleurs abdominales intenses, des vomissements persistants, des saignements du nez ou des gencives, du sang dans les vomissements ou les selles, une respiration rapide, une faiblesse marquée, une agitation inhabituelle ou une peau froide et pâle sont des signes d’alerte.

Face à ces manifestations, une consultation médicale urgente s’impose. La dengue sévère peut provoquer des hémorragies, une fuite de plasma entraînant un état de choc ou une atteinte de certains organes. Sans prise en charge rapide, ces complications peuvent mettre la vie en danger.

Le risque de forme sévère est notamment plus élevé lors d’une infection ultérieure par un autre sérotype du virus. La dengue comporte quatre sérotypes principaux, et une première infection ne protège pas complètement contre les suivants. Une personne ayant déjà contracté la maladie doit donc continuer à se protéger.

Une prise en charge sans traitement antiviral spécifique

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la dengue. La prise en charge repose notamment sur le repos, une hydratation suffisante, la surveillance des symptômes et le traitement adapté de la fièvre et des douleurs. Le paracétamol peut être utilisé dans le respect de la posologie recommandée et des conseils d’un professionnel de santé.

En revanche, en cas de suspicion de dengue, il faut éviter l’aspirine ainsi que les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène et le diclofénac, car ils peuvent augmenter le risque de saignement. Les antibiotiques et les médicaments antipaludiques ne doivent pas être pris sans avis médical.

Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé insistent sur l’importance d’une détection précoce, d’une surveillance attentive et d’un accès rapide aux soins, particulièrement lorsque des signes d’alerte apparaissent.

La prévention commence autour des habitations

Face à la dengue, les gestes quotidiens jouent un rôle essentiel. Il faut vider régulièrement les récipients contenant de l’eau, couvrir les réserves d’eau, nettoyer les contenants et éliminer les déchets ainsi que les objets susceptibles de retenir l’eau de pluie. Les alentours des maisons doivent rester propres afin de réduire les lieux de reproduction des moustiques.

Le port de vêtements couvrants, l’utilisation de répulsifs adaptés et l’installation de moustiquaires aux fenêtres contribuent également à limiter les piqûres. Une moustiquaire imprégnée peut être utile pendant le sommeil, y compris en journée. Lorsqu’une personne est malade, il est particulièrement important de la protéger des moustiques pendant la phase où le virus circule dans son sang.

À N’Djamena comme dans les provinces concernées, la lutte contre la dengue ne repose pas uniquement sur les services de santé. Elle exige aussi des gestes simples, réguliers et collectifs pour éliminer les lieux de reproduction des moustiques et réduire les risques de transmission. Face à une fièvre suspecte, consulter rapidement et surveiller les signes d’alerte peut faire la différence. Protéger son foyer, c’est aussi contribuer à protéger toute la communauté.

Par YEDANG Viviane

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