
À N’Djamena, les contrôles de police se multiplient sur les grands axes. Mais pour certains conducteurs, être en possession de leurs documents ne suffirait plus à éviter les difficultés. Des usagers dénoncent des demandes d’argent et des motifs de contrôle qu’ils jugent parfois difficiles à comprendre.
Sur les principaux axes de la capitale, les contrôles routiers sont devenus une scène familière pour les automobilistes et les motocyclistes. Vérification des documents, questions et immobilisation des engins rythment le quotidien des usagers.
Si le contrôle des pièces constitue une mesure de vérification, plusieurs conducteurs affirment toutefois rencontrer des situations qui dépasseraient ce cadre. Selon leurs témoignages, certains agents chercheraient différents motifs pour retenir les usagers et leur demander de l’argent. Des documents peu connus des conducteurs seraient également réclamés dans certains cas.
« Pour ne pas perdre du temps »
Pour M. Ismaël, conducteur, ces contrôles peuvent parfois se transformer en longues discussions.
« Même quand j’ai mes papiers, ils trouvent toujours quelque chose. Pour ne pas perdre du temps, je préfère parfois leur donner 1 000 FCFA et continuer. »
Un autre usager, M. Ngoté, raconte une situation qui l’aurait particulièrement marqué. Alors qu’il se rendait chercher des médicaments pour sa femme en travail, il dit avoir été arrêté avec seulement des photocopies de ses documents. Malgré ses explications, les agents lui auraient demandé 6 000 FCFA.
Lorsqu’il aurait proposé de faire apporter les originaux, il affirme qu’un agent lui aurait répondu : « Et si tous ceux qui étaient arrêtés revenaient avec les papiers originaux ? »
Des sommes qui varient selon les usagers
D’autres conducteurs évoquent des montants allant de 1 000 FCFA pour les motocyclistes à 2 000 FCFA pour les automobilistes. Pour certains, payer serait surtout devenu un moyen d’éviter une longue attente ou une discussion et de reprendre rapidement la route.
Ces témoignages, qui restent des déclarations d’usagers, posent néanmoins une question sur les pratiques observées lors de certains contrôles routiers dans la capitale.
Des règles plus claires demandées
Les usagers ne contestent pas le principe des contrôles, jugés nécessaires pour assurer la sécurité et faire respecter la réglementation. Ils souhaitent cependant davantage de clarté sur les documents exigés, les motifs d’immobilisation et les procédures à suivre.
Pour eux, un conducteur en règle devrait pouvoir circuler sans être confronté à des demandes d’argent injustifiées.
Au-delà de ces témoignages, l’enjeu reste celui d’un contrôle routier efficace, mais aussi transparent et respectueux des droits des usagers.
Par DIONMAYE Jonathan
Photo crédit DIONMAYE Jonathan