
La saison pluvieuse 2026 inquiète gravement les populations de la Nya-Pendé et des environs. La rareté des pluies provoque le dessèchement précoce des champs, tandis que les criquets s’attaquent aux plants encore résistants. Entre agriculture et pêche, les signes d’une campagne difficile se multiplient et font craindre une baisse drastique de la production.
Dans les champs de la Nya-Pendé, l’inquiétude grandit. Le manque de pluie a déjà provoqué le dessèchement précoce de plusieurs cultures. Le mil, le maïs et le sorgho périssent dans certains champs avant même d’atteindre leur maturité. À cette difficulté climatique s’ajoutent désormais les attaques de criquets qui ravagent les plants encore résistants.
Pour les populations rurales, la situation devient de plus en plus préoccupante. Après les efforts consentis pour semer, l’arrêt des pluies compromet les espoirs de récolte. La production agricole risque ainsi de connaître une baisse importante cette année, avec des conséquences directes sur les moyens de subsistance des familles.
La pêche également en difficulté
La situation est tout aussi critique du côté de la pêche. La rivière Pendé enregistre une régression considérable de son niveau d’eau, réduisant les possibilités de capture.
« L’eau a beaucoup baissé cette année. On ne trouve presque plus de poisson. Avant, à cette période, on pêchait beaucoup, mais aujourd’hui on rentre bredouille », déplore un pêcheur de Chef de Village de Kondjala, M. Mbaweï Jean.
Cette baisse du niveau de l’eau affecte donc une autre activité essentielle pour les populations locales, déjà fragilisées par les difficultés rencontrées dans les champs.
Un appel à l’aide avant qu’il ne soit trop tard
Très préoccupé par la situation, le Chef de Canton de Donia lance un appel aux autorités et aux partenaires.
« Nos parents cultivateurs ont tout perdu. S’il ne pleut pas d’ici deux semaines, il n’y aura rien à récolter. Nous demandons à l’Etat et aux partenaires de nous venir en aide avant qu’il ne soit trop tard. Il faut prendre des précautions et des mesures de prévention pour pouvoir avoir des activités alternatives qui pourraient aider les agriculteurs pendant la saison sèche », plaide-t-il.
Sur le terrain, le constat dressé par les services techniques confirme également la gravité de la situation. M. Ndouba Modest, Chef de Secteur de l’ANADER de la Nya-Pendé, évoque notamment la combinaison du déficit pluviométrique et des attaques de criquets.
« Nous avons fait le constat sur le terrain. Les attaques de criquets combinées au déficit pluviométrique vont impacter la production. Le maraîchage de contre-saison est aussi menacé car il n’y a pas assez d’eau dans les bas-fonds », confirme-t-il.
Un cultivateur de la zone résume, lui aussi, le désarroi des producteurs : « On a semé trois fois. À chaque fois, la pluie s’arrête et tout meurt. Si l’Etat ne nous aide pas avec des semences de cycle court et des intrants, l’année prochaine sera très difficile. »
Des mesures urgentes réclamées
Face à cette crise qui s’annonce, les autorités locales et les communautés lancent un plaidoyer urgent. Elles sollicitent l’intervention rapide de l’Etat tchadien et de ses partenaires humanitaires et de développement afin de distribuer des semences de cycle court et résistantes à la sécheresse, lutter contre l’invasion des criquets par des traitements phytosanitaires et appuyer le maraîchage avec des motopompes et des forages pour la contre-saison.
Ces mesures sont présentées comme nécessaires pour limiter les effets de la situation actuelle et permettre aux agriculteurs de maintenir certaines activités malgré les difficultés liées à la saison sèche.
Un défi pour la sécurité alimentaire
La situation dans la Nya-Pendé interpelle directement la mise en œuvre du Programme national de développement de l’agriculture et de sécurité alimentaire. La rareté des pluies, les attaques de criquets et la baisse du niveau de la rivière fragilisent à la fois l’agriculture et la pêche, deux activités essentielles pour les communautés.
Sans une réponse rapide et coordonnée de l’Etat et de ses partenaires, la baisse de la production agricole risque d’aggraver la vulnérabilité des populations et de compromettre les efforts de résilience dans la Nya-Pendé.
Dans la Nya-Pendé, les champs qui se dessèchent et les criquets qui détruisent les cultures ne sont plus seulement les signes d’une mauvaise saison agricole. Ils annoncent une période difficile pour des familles qui dépendent directement de la terre et de l’eau. Entre aide d’urgence et mesures de prévention, les populations appellent désormais à des réponses concrètes pour protéger les récoltes, soutenir les agriculteurs et développer des activités alternatives capables de renforcer leur résilience pendant la saison sèche.
Par DEBEM Ramos Clison depuis Goré