Tchad : la noix de cola, entre tradition et économie locale.

Importée principalement du Cameroun et du Nigeria, la noix de cola, communément appelée « goro », occupe une place particulière dans la société tchadienne. Au-delà de sa consommation, elle accompagne les cérémonies traditionnelles, renforce les liens sociaux et constitue une source de revenus pour de nombreuses familles.

Au Tchad, offrir ou partager une noix de cola ne relève pas d’un simple geste de convivialité. Le « goro » est associé au respect, à la fraternité et au rapprochement entre les communautés. Dans de nombreuses familles, sa présence accompagne les moments importants de la vie et participe au maintien des traditions.

Lors des demandes en mariage et des cérémonies de dot, la noix de cola occupe une place importante. Elle accompagne les échanges entre les familles et contribue à officialiser l’alliance entre les futurs époux. Son rôle ne se limite toutefois pas aux moments heureux. Elle intervient également dans les cérémonies de deuil. Chez les Tupuri, par exemple, la famille du défunt peut offrir des noix de cola aux personnes venues présenter leurs condoléances, un geste qui traduit la reconnaissance et la solidarité dans l’épreuve.

À cette dimension sociale s’ajoute une activité économique qui fait vivre de nombreux commerçants. Le Tchad dépend principalement des importations en provenance du Cameroun et du Nigeria, d’où la noix de cola est acheminée vers les différents marchés du pays. Une fois disponible sur les étals, elle alimente un commerce qui profite aussi bien aux grossistes qu’aux détaillants et aux vendeurs ambulants.

Pour certaines familles, les revenus issus de cette activité contribuent aux dépenses quotidiennes, notamment l’alimentation, les soins de santé ou la scolarisation des enfants. Chez les jeunes, la vente au détail et le commerce ambulant représentent également une activité accessible permettant de générer des revenus et de gagner progressivement en autonomie.

Ainsi, derrière ce petit fruit se trouve une réalité beaucoup plus vaste. La noix de cola relie les traditions aux réalités économiques du quotidien et conserve une place importante dans les échanges sociaux. Tant qu’elle continuera d’accompagner les cérémonies et de faire vivre des petits commerces, le « goro » restera bien plus qu’un simple produit de consommation dans la société tchadienne.

Par WIWA Sidnoie

Photo crédit M.KOUNDE KOI-ASSAL

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