
L’intellectuel et écrivain tchadien Kérim Modine Sibéro a présenté et dédicacé, ce vendredi 29 mai au Centre d’Études et de Formation pour le Développement (CEFOD) à N’Djamena, son premier ouvrage intitulé Discours sur la mort de la démocratie, un essai dans lequel il propose une réflexion critique sur la durée de vie des idéologies politiques et leur évolution dans un monde en transformation.
Organisée dans un cadre intellectuel marqué par une présence émouvante, à travers cet ouvrage, Kérim Modine Sibéro, titulaire d’une licence en anglais obtenue en 2015 et d’un master en langues et communication décroché en 2017 à l’Université de Toulon en France, s’inscrit dans une nouvelle génération d’intellectuels africains qui portent un regard critique sur les systèmes de gouvernance contemporains et leurs limites.
Dans son analyse, l’auteur remet en question l’idée d’une démocratie universelle et intemporelle, estimant qu’aucune idéologie politique n’est appelée à durer éternellement. Il soutient que des courants tels que la démocratie, le nationalisme, le panafricanisme, le communisme ou encore l’anarchisme sont des constructions historiques et sociales susceptibles d’évoluer ou de disparaître au fil des transformations des sociétés.
L’essai met notamment en parallèle la démocratie moderne et la monarchie absolue du Moyen Âge, deux systèmes qui, selon l’auteur, ont été perçus en leur temps comme des modèles politiques indépassables et quasi sacrés. Il illustre cette idée par une formule marquante : « La démocratie est au monde moderne ce que la monarchie absolue fut à son âge d’or au Moyen Âge : un “dieu”, une religion de son temps. »
Par cette réflexion, Kérim Modine Sibéro invite à déconstruire les certitudes politiques et à reconnaître le caractère évolutif des systèmes de gouvernance, en rappelant que les sociétés humaines sont en constante recomposition historique. Avec Discours sur la mort de la démocratie, l’auteur signe ainsi une première œuvre intellectuelle qui entend nourrir le débat public, tant au Tchad qu’à l’échelle internationale, en ouvrant une réflexion sur la fragilité et la transformation des modèles politiques.



Par SOLOUMTA Abigael.