
De plus en plus d’enfants et d’adolescents ne maîtrisent plus la langue maternelle de leurs parents, et préfèrent le français ou les parlers urbains. Une tendance qui s’observe aujourd’hui dans de nombreux foyers, où la communication familiale révèle une rupture linguistique entre générations. Dans ces situations de plus en plus fréquentes, l’ampleur d’un phénomène en pleine expansion, caractérisé par le recul progressif des dialectes familiaux au profit de la langue officielle, se fait clairement sentir.
Dans de nombreuses familles, le français a été placé au centre des apprentissages, perçu comme la langue de la réussite scolaire et de l’ascension sociale, reléguant ainsi la transmission de la langue maternelle au second plan. L’école, les écrans, les réseaux sociaux ainsi que les interactions entre pairs contribuent également à marginaliser les langues locales, tandis que pour une partie de la jeunesse, parler le dialecte ou le « patois » du village est désormais associé à une image dépassée ou peu valorisante.
Les conséquences de ce désamour linguistique suscitent de vives inquiétudes, si la tendance se poursuit, plusieurs langues maternelles pourraient à terme disparaître, emportant avec elles une part importante de traditions, de proverbes et de savoirs immatériels qui constituent le patrimoine culturel de nombreuses communautés. L’avenir des langues maternelles repose ainsi sur un équilibre délicat entre la nécessité pour les jeunes de maîtriser une langue internationale afin de s’ouvrir au monde et l’impératif de préserver leurs racines culturelles. Familles et institutions éducatives sont dès lors confrontées à un défi majeur, transformer ce recul linguistique en une opportunité de bilinguisme harmonieux, capable de concilier ouverture internationale et préservation de l’identité culturelle.
Par WIWA Sidonie.
Illustration : Net.